Webinaire 9 AVITEM : “Sécheresse en Méditerranée – Vers de nouvelles approches ?” (4/4)

Webinaire 9 AVITEM : “Sécheresse en Méditerranée – Vers de nouvelles approches ?” (4/4)

Webinaire 9 AVITEM : “Sécheresse en Méditerranée – Vers de nouvelles approches ?” (4/4) 1497 1058 Mediterranean Urban Planners Network

Dans la continuité de ce que nous vous avons présenté lundi dernier, nous avons le plaisir de vous communiquer la fin des propos échangés lors du 8° webinaire de l’AVITEM qui s’est tenu le 20 avril dernier et dédié à la thématique :

« Sécheresse en Méditerranée – Vers de nouvelles approches ? »

Nous précisons qu’il vous est possible de retrouver l’intégralité des échanges de ce webinaire (des précédents et des suivants) sur la chaine You Tube du Réseau des Aménageurs de la Méditerranée. Le webinaire du 20 avril est à retrouver en suivant ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=6ykEbIMhWbY&t=3163s

Pour conclure la réflexion, l’AVITEM a accueilli en tant que quatrième et dernier orateur de cette session le Professeur Mohamed Sinan, Professeur à l’École Hassania des Travaux Publics (Casablanca) et Expert en Ressources en eau et en Changement climatique.

Voici le début de son intervention :

« Les ressources en eau, potentiel et contraintes diverses dans le contexte du changement climatique et mesure d’adaptation

  1. Ressources en Eau du Maroc : contraintes naturelles et anthropiques
  2. A) Contraintes naturelles

La première contrainte est la rareté des ressources dans un climat aride, voire hyper-aride dans le sud, avec un fort stress hydrique. Les précipitations engendrent un volume d’eau important soit près de 140 milliards de m3/an. Malheureusement, près de 85% de ces ressources repartent dans l’atmosphère sous forme d’évaporation, ne laissant que 22 milliards de m3/an, répartis en 18 milliards de m3 d’eau de surface et 4 milliards de m3 d’eaux souterraines.

Il y a aussi une mauvaise répartition spatiale des ressources en eau. 51% des ressources en eau du Maroc sont réparties sur une superficie de 7,4% au nord-ouest du pays, ce qui représente une contrainte importante pour le reste du pays.

A cela s’ajoute une mauvaise répartition temporelle : les apports d’eau sont irréguliers d’une année à l’autre avec une tendance très nette à la baisse du potentiel des ressources en eau. Le bassin de Sebou, l’un des plus riches  du Maroc en ressources en eau (environ 30% du potentiel national), enregistre également une tendance à la baisse de ces ressources en eau.

Les apports d’eau aux barrages sont de plus en plus fréquemment en dessous de la moyenne.

C’est sans compter l’érosion des bassins versants et l’envasement des retenues des barrages. 23 millions d’hectares sont vulnérables à l’érosion, provoquant des pertes de la capacité globale de stockage des retenues des barrages, avec une moyenne nationale d’environ 75 millions de m3/an.

  1. B) Contraintes humaines

La demande en eau est en forte croissance, les projections estiment les consommations à la hausse d’ici 2050.

L’agriculture consomme au moins 85 % des ressources en eau utilisées au Maroc, suivie par le secteur de l’eau potable et de l’industrie.

La baisse des ressources en eau incite la population à puiser dans les eaux souterraines (à travers des puits et des forages, dont la plupart n’est pas autorisée), ce qui a entraîné un grave déficit des nappes marocaines, évalué à environ un milliard de m3/an. Des sources qui débitaient des centaines de litres par seconde avant 1980 ne débitent plus aujourd’hui que quelques litres par secondes.

Les Khettaras, des galeries ancestrales marocaines creusées par l’homme et dont la réalisation peut prendre plusieurs années, sont orientées de sorte à toucher l’eau à un point particulier. La quasi-totalité de ces ouvrages est dénoyée depuis plusieurs décennies.

Inévitablement, la qualité naturelle des ressources en eau superficielles et souterraines se dégrade, également en raison de plusieurs sources de pollution, notamment d’origine agricole (utilisation non rationnelle des engrais chimiques, teneur en nitrates dépassant 50 mg/l dans certaines nappes : Fès-Meknès, Gharb, Doukkala, R’Mel…), industrielle et domestique. »

Vous pouvez retrouver la suite de son intervention ainsi que la conclusion de notre webinaire en intégralité en suivant ce lien.