6° webinaire Réseau-Euroméditerranée : « Gestion et utilisation de l’eau : faire de l’eau un support d’identité locale  » (1/4)

6° webinaire Réseau-Euroméditerranée : « Gestion et utilisation de l’eau : faire de l’eau un support d’identité locale  » (1/4)

6° webinaire Réseau-Euroméditerranée : « Gestion et utilisation de l’eau : faire de l’eau un support d’identité locale  » (1/4) 1333 791 Le Réseau des Aménageurs de la Méditerranée

A la suite du webinaire sur l’eau organisé le 20 avril dernier et dont nous publierons très bientôt le contenu des échanges, nous ne résistons pas à publier à nouveau la retranscription des propos échangés lors du 6° webinaire qui s’est tenu le 18 octobre 2022 portant sur « Gestion et utilisation de l’eau : faire de l’eau un support d’identité locale », dans le cadre des sessions 2022 co-produites par l’AVITEM et Euroméditerranée.

Nous vous rappelons qu’il vous est possible de retrouver l’intégralité des échanges de ce webinaire (des précédents et des suivants) sur la chaine You Tube du Réseau des Aménageurs de la Méditerranée. Le webinaire du 18 octobre est à retrouver en suivant ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=BuByZEYUa9Q&t=31s

Compte tenu de la longueur de chaque intervention, nous présenterons successivement les présentations des quatre orateurs. Pour mémoire, ces intervenants étaient :

  • Charles André – Responsable du développement urbain et de l’architecture ; EPA Euroméditerranée
  • Marc Garcia Manzana – Secrétaire général de l’IME, Commissaire de l’eau ; Confédération hydrographique du Júcar
  • Najet Aroua – Docteure en Architecture, Urbanisme et Environnement ; LaCoMoFa; Université de Biskra
  • Ilaria Gnecco – Docteure en génie civil et environnemental ; Université de Gênes | UNIGE – Département d’ingénierie civile, chimique et environnementale (DICCA)

Charles André – Responsable du développement urbain et de l’architecture ; EPA Euroméditerranée

Faire la ville AVEC l’eau est une question importante sur le territoire. Euroméditerranée couvre 480 hectares de projets de rénovation urbaine à Marseille, ville où le régime climatique peut être très brutal sur de courtes périodes. S’y trouve un « risque d’oued », une petite rivière peut devenir énorme et tout arracher sur son passage.

Le Plan Guide (PG) de 2011 est un projet d’extension de la ville sur des territoires industriels arrière portuaires. Organisé dans les années 1960, le développement urbain se préoccupait alors peu des contraintes géographiques. Le PG y revient avec un développement adapté, comprenant des logements, des bureaux, un parc déjà pensé pour être légèrement inondable et toute une armature urbaine. Le PG a été actualisé en 2019.

En 2019 sont mis en place les Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI), une servitude qui s’applique aux territoires, prévaut sur tout le reste et classe le territoire en différentes zones de risque. Le schéma ci-dessus expose en rouge les zones à risque où il est impossible de construire, en bleu les territoires très contraints qui entraînent des réductions importantes voire des impossibilités pour certains programmes, tels ceux du type ERP (Établissement Recevant du Public :  ex les écoles). Dès lors, comment construire une ville sur ces zones-ci ? Il n’est plus possible de poursuivre dans le cheminement qui avait été imaginé. Il faut donc comprendre comment la ville et ses habitants peuvent se faire « réinviter » par la nature. Le risque nous contraint à reprendre conscience de notre positionnement dans notre géographie, à réintroduire des pratiques oubliées.

La ville doit se faire réinviter par la nature tout en devenant son instrument. C’est une réelle confrontation idéologique. Aujourd’hui encore, on construit en zone rouge, là où l’on ne devrait normalement pas mettre les pieds. Se faire adopter par le territoire entraîne une nécessité de contribuer positivement à son fonctionnement. L’idée est donc de travailler cette ville de façon à ce qu’elle devienne un instrument hydraulique et que toute son épaisseur contribue à la gestion de l’eau. C’est le concept de la ville-éponge : la goutte tombe sur la ville épaisse, passe par toutes les strates de la ville, non pas pour arriver à la mer, qui est proche, mais pour être capturée et utilisée par le végétal, pour être évapotranspirée, pour être un véritable outil de confort de vie pour les habitants.

L’eau et le risque qu’elle représente insufflent une toute nouvelle dimension et un enrichissement dans le projet urbain, du point de vue de la morphologie mais aussi du point de vue des usages : que faire des espaces inondables en pleine ville accessibles en métro ? Cela prend également en compte l’aspect social, tout le monde aura un peu d’espace vert, quitte à mettre des bottes certains jours pour sortir de chez soi.

Pour retrouver la suite de cette intervention, merci de cliquer sur ce lien