{"id":7155,"date":"2021-09-30T09:04:20","date_gmt":"2021-09-30T07:04:20","guid":{"rendered":"https:\/\/amenageurs-med.org\/?p=7155"},"modified":"2021-09-30T09:04:20","modified_gmt":"2021-09-30T07:04:20","slug":"webinaire-4-le-low-tech-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-2-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amenageurs-med.org\/en\/2021\/09\/30\/webinaire-4-le-low-tech-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-2-10\/","title":{"rendered":"Webinaire 4\u00a0: Le low tech, r\u00e9silience urbaine et solutions innovantes &#8211; AViTeM (2\/10)"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous poursuivons la mise en ligne des interventions des orateurs du dernier webinaire, consacr\u00e9 au low tech en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p><em>Pour m\u00e9moire, le webinaire du 1er juillet est le dernier d\u2019une s\u00e9rie de quatre, destin\u00e9s \u00e0 traiter de la raret\u00e9 de ressources de M\u00e9diterran\u00e9e, mais aussi des solutions, traditionnelles comme innovantes, qui s\u2019appliquent \u00e0 la recherche, \u00e0 la conservation et \u00e0 une gestion optimis\u00e9e de celles-ci. <\/em><\/p>\n<p>Voici la premi\u00e8re intervention de la premi\u00e8re session, celle des experts m\u00e9diterran\u00e9ens :<\/p>\n<p><strong>Intervention de Jean-Charles Lardic : Directeur de la prospective \u00e0 la ville de Marseille<\/strong><\/p>\n<p>Merci Monsieur l\u2019Ambassadeur Meunier de saluer ainsi l\u2019arriv\u00e9e de la ville de Marseille \u00e0 l\u2019AVITEM. Je souligne que c\u2019est un retour, apr\u00e8s une petite parenth\u00e8se de d\u00e9saccord politique, largement referm\u00e9e depuis.<\/p>\n<p>Comme j\u2019ai \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 en ouverture de la session \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb de ces interventions, je vais vous pr\u00e9senter un point de vue g\u00e9n\u00e9ral qui ne va pas \u00eatre focalis\u00e9 sur la ville de Marseille. Cela va me permettre de porter un regard politique, \u00e9conomique, voire m\u00eame philosophique sur les trois webinaires pr\u00e9c\u00e9dents, en soulignant \u00e0 quel point les intervenants, particuli\u00e8rement bien choisis -et bravo \u00e0 l\u2019AVITEM sur ce point- ont su de mani\u00e8re remarquable prendre du recul par rapport aux technologies, en traitant des probl\u00e8mes r\u00e9put\u00e9s purement techniques et en mettant l\u2019humain en avant. Cela m\u00e9rite d\u2019\u00eatre soulign\u00e9, et c\u2019est le point central de mon intervention. Je vais ainsi vous parler de la perspective de la low-tech comme pratique alternative porteuse d\u2019un nouveau mod\u00e8le de d\u00e9veloppement local, durable. Par ailleurs, je vais insister sur les difficult\u00e9s li\u00e9es au mod\u00e8le actuel dominant, qui reste favorable \u00e0 une massification technologique et qui oblige les acteurs locaux, et particuli\u00e8rement les communes, \u00e0 s\u2019engager fortement dans une transition soci\u00e9tale port\u00e9e par le low-tech.<\/p>\n<p>Pour ma part, je d\u00e9finis le low-tech comme de l\u2019innovation \u00e0 haute intensit\u00e9 humaine, et d\u2019ailleurs l\u2019EP Eurom\u00e9diterran\u00e9e \u00e0 Marseille a, il y a quelques ann\u00e9es, adopt\u00e9 le slogan \u00ab <em>low-tech &amp; easy-tech<\/em> \u00bb. Cela \u00e9tant dit, le low-tech permet de valoriser les sp\u00e9cificit\u00e9s locales et les besoins locaux comme, par exemple, le confort d\u2019\u00e9t\u00e9 en termes d\u2019habitabilit\u00e9. Le confort d\u2019\u00e9t\u00e9 c\u2019est une pr\u00e9occupation tr\u00e8s sp\u00e9cifique et bien connue portant sur le mode de vie, sur la fa\u00e7on d\u2019habiter, et qui doit \u00eatre adapt\u00e9e forc\u00e9ment en fonction des territoires, souvent en fonction des saisons mais aussi en fonction des savoirs traditionnels. La low-tech permet de b\u00e9n\u00e9ficier de toute la cr\u00e9ativit\u00e9 territoriale dans une vision de solution bas\u00e9e sur la nature, et cela s\u2019exprime \u00e0 3 niveaux :<\/p>\n<ul>\n<li>pour le management, c\u2019est manager les syst\u00e8mes humains comme des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, ce qui constitue un facteur de r\u00e9silience\u00a0;<\/li>\n<li>pour la technologie, ce sont des solutions inspir\u00e9es par, si ce n\u2019est fond\u00e9es sur, la nature\u00a0;<\/li>\n<li>pour l\u2019action, c\u2019est aussi savoir se retirer parfois et laisser faire la nature puisque celle-ci sait parfaitement s\u2019autor\u00e9guler.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Tout cela fait partie de la low-tech et s\u2019articule bien s\u00fbr autour de l\u2019humain, garantissant une approche collective, participative et solidaire. On peut le prouver \u00e0 travers de nombreux exemples, comme les lampes de Lagazel, pr\u00e9sent\u00e9es dans le deuxi\u00e8me webinaire sur l\u2019\u00e9nergie, qui sont g\u00e9r\u00e9es par une \u00e9cole, ou encore la t\u00e9l\u00e9gestion des capteurs photovolta\u00efques pour permettre une appropriation par les acteurs locaux. Et puis bien entendu, ces syst\u00e8mes-l\u00e0 garantissent que la richesse, les profits cr\u00e9\u00e9s soient partag\u00e9s localement et, de mani\u00e8re plus globale, assurent un renforcement de l\u2019autonomie des territoires dans une approche n\u00e9cessairement d\u00e9centralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Je me permets de faire une comparaison avec le high-tech car ce sont deux concepts qui s\u2019opposent v\u00e9ritablement. En fin de diapositive (diapo page 5), je pose cette question : \u00ab\u00a0<em>Est-ce que le high-tech induit une perte d\u2019identit\u00e9 ?<\/em>\u00a0\u00bb En tous cas, on a v\u00e9ritablement, en raison des approches purement technologiques, des lacunes importantes qui apparaissent\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019abord, la standardisation, la normalisation qui viennent remplacer l\u2019adaptation au contexte local, des importations de mod\u00e8les cl\u00e9 en main qui ne laissent pas la place \u00e0 l\u2019imagination des territoires et des acteurs\u00a0;<\/li>\n<li>ensuite, une massification technologique, avec l\u2019automatisation et la robotisation qui font perdre la main aux acteurs locaux\u00a0;<\/li>\n<li>enfin, une hyper consommation et des effets rebond que tout le monde conna\u00eet.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sur ces effets rebond, il faut bien voir qu\u2019en s\u2019attaquant \u00e0 un probl\u00e8me sous l\u2019angle uniquement technologique, on cr\u00e9e bien souvent des effets secondaires sur d\u2019autre secteurs. C\u2019est un point dont je parle juste apr\u00e8s et que j\u2019ai nomm\u00e9 la \u00ab <em>monofonctionnalit\u00e9<\/em> \u00bb. La plupart du temps, la technologie vient r\u00e9pondre \u00e0 un enjeu et se pr\u00e9occupe rarement de l\u2019environnement global dans lequel ce probl\u00e8me existe. Ainsi, elle r\u00e9pond \u00e0 un probl\u00e8me par une solution de mani\u00e8re s\u00e9quentielle avec souvent de nombreux d\u00e9bordements impr\u00e9vus, d\u2019incompatibilit\u00e9 notamment, alors que la vision syst\u00e9mique permet de proposer des solutions plus p\u00e9rennes. Pour terminer sur cette comparaison, il faut noter que, la plupart du temps, d\u00e8s lors que l\u2019on a une <em>importation cl\u00e9 en main<\/em>, cela provoque une captation de la valeur ajout\u00e9e, et par cons\u00e9quent, il n\u2019en d\u00e9coule aucune retomb\u00e9e sur l\u2019\u00e9conomie locale.<\/p>\n<p>Si ces deux mod\u00e8les s\u2019opposent, il faut quand m\u00eame pr\u00e9ciser qu\u2019ils sont compl\u00e9mentaires, car on a besoin du high-tech et de technologies massives pour les ENRs par exemple. On a besoin de programmes d\u2019\u00e9quipement, de r\u00e9habilitation des logements mais, malgr\u00e9 tout, il vaudrait mieux \u00e9viter que la high-tech soit pleinement dominante. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019objet de la diapositive suivante (diapo page 6) que de s\u2019interroger sur l\u2019\u00e9quilibre des forces entre ces deux mod\u00e8les pour constater, selon moi, que l\u2019on laisse assez peu de place \u00e0 la low-tech \u00e0 travers la massification technologique. A ce sujet, nous allons examiner ensemble deux documents phares sous un angle un peu nouveau et, pour tout dire, je ne les ai pas souvent vu \u00e9tudi\u00e9s sous cet angle. Il s\u2019agit des ODDs et de l\u2019Accord de Paris. Vous connaissez les ODDs\u00a0: ils ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s en 2015 par les Nations-Unies et consistent \u00e0 lister absolument tous les objectifs \u00e0 atteindre par l\u2019Humanit\u00e9. Quelques semaines apr\u00e8s, c&#8217;est l\u2019Accord de Paris, dont je vais faire une lecture un peu particuli\u00e8re, en pr\u00e9sentant notamment sa \u00ab\u00a0<em>face cach\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Soyons pr\u00e9cis, je n\u2019ob\u00e8re pas le fait que l\u2019Accord de Paris soit un v\u00e9ritable soutien dans l\u2019engagement des Etats \u00e0 essayer de maintenir une trajectoire de r\u00e9chauffement du climat inf\u00e9rieure \u00e0 +2\u00b0. Je n\u2019omets pas non plus qu\u2019est enfin reconnu, suite aux demandes r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des collectivit\u00e9s, le r\u00f4le des villes dans l\u2019atteinte de la neutralit\u00e9 climatique. N\u00e9anmoins, quand on regarde (diapo page 10) l\u2019Accord de Paris, quelque chose est frappant. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on y voit appara\u00eetre 62 fois les mots \u00ab <em>technologie<\/em> \u00bb et \u00ab <em>technologique<\/em> \u00bb, 9 fois pour faire des transferts Nord-Sud\u00a0; et puis on y associe aussi 22 fois les mot \u00ab <em>financier<\/em> \u00bb et \u00ab <em>financement<\/em> \u00bb, ce qui laisse sous-entendre que l\u2019on va financer les transferts de technologies et la technologie plus g\u00e9n\u00e9ralement. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, on ne retrouve que 4 fois la notion de \u00ab <em>responsabilit\u00e9s communes mais diff\u00e9renci\u00e9es <\/em>\u00bb ce qui signifie ne pas faire porter toute la charge sur les pays du sud. On retrouve seulement 4 fois les mots \u00ab <em>pauvret\u00e9<\/em> \u00bb et \u00ab <em>\u00e9quit\u00e9<\/em> \u00bb, 3 fois le mot \u00ab <em>alimentation<\/em> \u00bb, alors que le secteur est responsable de 25% des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la \u00ab <em>faim<\/em> \u00bb, la \u00ab <em>sant\u00e9<\/em> \u00bb, la \u00ab <em>justice climatique<\/em> \u00bb, la \u00ab <em>culture<\/em> \u00bb et les \u00ab <em>modes de vie<\/em> \u00bb, ces items n\u2019ont droit qu&#8217;\u00e0 une seule citation dans cet accord. On n\u2019y trouve m\u00eame pas le mot \u00ab <em>in\u00e9galit\u00e9<\/em> \u00bb, ni m\u00eame le mot \u00ab <em>num\u00e9rique<\/em> \u00bb dont Mr l\u2019Ambassadeur a pourtant rappel\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s gourmand en \u00e9nergie mais que, bien utilis\u00e9, il pouvait apporter des solutions extr\u00eamement b\u00e9n\u00e9fiques dans le sens du d\u00e9veloppement durable. Bien heureusement, on parle tout de m\u00eame 16 fois de \u00ab <em>renforcement des capacit\u00e9s<\/em> \u00bb. Une autre injonction contestable dans l\u2019Accord de Paris, c\u2019est que l\u2019on consid\u00e8re les pays d\u00e9velopp\u00e9s comme exemplaires : \u00ab \u2026<em>les pays d\u00e9velopp\u00e9s montrant la voie\u2026<\/em> \u00bb. Au vu de l\u2019empreinte \u00e9cologique des pays d\u00e9velopp\u00e9s, il n\u2019est pas si s\u00fbr que l\u2019on montre r\u00e9ellement la voie\u00a0! Je pense qu\u2019il faut vraiment rester modeste, m\u00eame s&#8217;il y a des \u00e9volutions qui se produisent.<\/p>\n<p>Entre ces deux mod\u00e8les, il faut observer la r\u00e9alit\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9 est influenc\u00e9e par des tendances et notamment des tendances lourdes qui p\u00e8sent en faveur de la massification technologique, comme la pression des Etats. Les Etats ne peuvent pas faire autre chose, ils ne peuvent pas, v\u00e9ritablement, insuffler les dynamiques de changement de comportement ou les nouveaux processus de d\u00e9veloppement locaux. Ils se concentrent sur des injonctions th\u00e9matiques, la plupart du temps technologiques. Et puis n\u2019oublions pas que les lobbies industriels ne sont pas en reste pour faire valoir des normes qui vont bient\u00f4t s\u2019imposer comme des obligations. Il faut aussi parler de la <em>smart city<\/em> dont tout le monde parle, et qui n\u2019est finalement pas si r\u00e9siliente que \u00e7a, avec pour preuves les diff\u00e9rentes cyberattaques dont elle est victime. En parall\u00e8le, il y a les GAFAM, qui restent non ma\u00eetris\u00e9s et dont l\u2019ambition continue \u00e0 vouloir capter l\u2019ensemble du profit\/de la rente de la nouvelle \u00e9conomie.<\/p>\n<p>Un autre ph\u00e9nom\u00e8ne technocratique marqu\u00e9 qu\u2019il faut absolument noter, c\u2019est la pr\u00e9f\u00e9rence absolue accord\u00e9e aux financements des investissements. On ne veut pas donner aux villes des aides en fonctionnement puisqu\u2019on ne leur fait pas confiance. En revanche, si au moins les villes construisent une usine ou des \u00e9quipements, on se dit qu\u2019effectivement l\u2019argent ne sera pas gaspill\u00e9. Mais c\u2019est une erreur totale car les villes se disent qu\u2019il faut en profiter et passent leur temps \u00e0 pr\u00e9senter des projets d\u2019investissement. Par exemple, on va favoriser la r\u00e9novation d\u2019\u00e9coles et pas les animations p\u00e9dagogiques \u00e9co-citoyennes dans ces m\u00eames \u00e9coles. Les programmes europ\u00e9ens font preuve de ces m\u00eames travers qui consistent \u00e0 favoriser les investissements et donc la cr\u00e9ation ou l\u2019entretien d\u2019\u00e9quipements pour longtemps.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration permanente des ambitions de d\u00e9carbonisation risque de nous conduire vers une amplification du processus en privil\u00e9giant le recours aux solutions technologiques plut\u00f4t qu\u2019aux changement soci\u00e9taux. Il est important ici de souligner que la comptabilit\u00e9 carbone me semble inadapt\u00e9e \u00e0 la valorisation des politiques globales, puisqu\u2019elle ne prend pas r\u00e9ellement en compte l\u2019ensemble des co\u00fbts\/b\u00e9n\u00e9fices. Cela est tr\u00e8s pr\u00e9judiciable quand on parle des politiques globales de transition, qui sont des politiques de long terme et dont les b\u00e9n\u00e9fices carbone sont difficiles \u00e0 mesurer, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019actions <em>diffuses<\/em> visant \u00e0 un changement soci\u00e9tal <em>diffus<\/em>. Et puis il y aussi ce cadre r\u00e9glementaire qui bloque les innovations soci\u00e9tales dont on va tous parler aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Donc on voit bien qu&#8217;il est r\u00e9ellement plus facile de mobiliser des ressources pour de l\u2019\u00e9quipement et de la technologie que pour des actions visant \u00e0 changer les mentalit\u00e9s et les modes de faire ou de consommer.<\/p>\n<p>Je voudrais terminer en expliquant cette n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un engagement fort des villes dans une transition soci\u00e9tale fond\u00e9e sur les low-tech, et donc centr\u00e9e sur l\u2019humain, afin de r\u00e9\u00e9quilibrer ces approches. Je ne dis pas qu\u2019il faut gommer tous les besoins en innovations technologiques, mais on sait que les NDCs (contributions d\u00e9termin\u00e9es au niveau national), c\u2019est-\u00e0-dire les engagements des Etats pris lors de l\u2019Accord de Paris, observ\u00e9s deux ans apr\u00e8s \u00e0 la COP de Katowice, sont bien en dessous des objectifs de maintien du r\u00e9chauffement climatique en dessous de 2\u00b0.<\/p>\n<p><strong>Il est fondamental de vraiment d\u00e9fendre ces approches locales dont nous sommes tous porteurs aujourd\u2019hui, et pour cela je proposerais aux collectivit\u00e9s d\u2019oser amorcer la bascule vers un nouveau mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9, de cr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me local favorable et puis de d\u00e9fendre cette vision de ville m\u00e9diterran\u00e9enne durable. <\/strong><\/p>\n<p>Si l\u2019on rentre dans le d\u00e9tail, le premier point \u00ab <em>oser amorcer la bascule vers un nouveau mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb, passe par de l\u2019\u00e9conomie circulaire, de l\u2019\u00e9conomie de la fonctionnalit\u00e9, de l\u2019\u00e9conomie du partage, de l\u2019\u00e9conomie collaborative, de la valorisation des espaces publics par les collectivit\u00e9s et puis par de l\u2019exemplarit\u00e9 des collectivit\u00e9s dans leurs modes de fonctionnement, en commen\u00e7ant par l\u2019organisation et le management, comme on le disait plus haut. C\u2019est aussi renforcer l\u2019usage de proc\u00e9d\u00e9s de d\u00e9mocratie locale pour susciter l\u2019adh\u00e9sion des populations, parce que si les \u00e9quipements comme le tramway sont utilis\u00e9s par les gens d\u00e8s lors qu\u2019ils sont disponibles, en ce qui concerne la modification des modes de vie en revanche, l\u2019\u00e9change est essentiel.<\/p>\n<p>\u00c0 Marseille on va cr\u00e9er <em>l\u2019Assembl\u00e9e Citoyenne du Futur<\/em>, une structure sans doute \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable pour associer les Marseillais \u00e0 l\u2019\u00e9criture du futur de leur ville. Et cela pas seulement au niveau de la ville et de ses \u00e9quipements, mais aussi au niveau des modes de vie, en tant que ville qui reconna\u00eet sa <em>m\u00e9diterran\u00e9it\u00e9<\/em>, qui reconna\u00eet la possibilit\u00e9 des habitants de prendre leur avenir en main ou de manifester leur cr\u00e9ativit\u00e9 \u00e0 travers de nouvelles formes d\u2019\u00e9conomie, fussent-elle informelles. Dans cet exemple de bascule, nous devons coop\u00e9rer avec la M\u00e9diterran\u00e9e et je tiens \u00e0 remercier le travail de l\u2019AVITEM qui nous invite \u00e0 d\u00e9velopper des actions communes avec d\u2019autres villes du Sud, qui peuvent nous inspirer dans ce nouveau mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me point \u00ab <em>cr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me favorable<\/em> \u00bb implique de renforcer les rapports sciences\/soci\u00e9t\u00e9 et les recherches\/actions interdisciplinaires. Dans ce sens, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 plusieurs programmes avec l\u2019AVITEM qui vont dans ce sens, qui renforcent les tissus locaux et cette cr\u00e9ativit\u00e9. Il faut bien comprendre que c\u2019est une nouvelle posture des \u00e9lus et des techniciens, c\u2019est un l\u00e2cher-prise dans lequel on laisse faire la soci\u00e9t\u00e9 civile, on laisse faire les cr\u00e9ateurs du territoire en leur donnant les possibilit\u00e9s d\u2019avoir les bonnes r\u00e9glementations et de se d\u00e9velopper. C\u2019est d\u2019ailleurs le but de la Cit\u00e9 de la Transition \u00e0 Marseille, qui est le creuset de la recherche-d\u00e9veloppement sur l\u2019environnement, sur l\u2019innovation soci\u00e9tale et qui dynamisera l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me cr\u00e9atif de Marseille, m\u00eame s\u2019il est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s riche. Ce sera aussi un lieu de formation, de sensibilisation et de relance de la coop\u00e9ration internationale puisque c\u2019est un enjeu tr\u00e8s fort.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me point pour conclure, cette vision doit \u00eatre \u00ab <em>d\u00e9fendue collectivement lors de toutes les rencontres internationales<\/em> \u00bb. Dans ce cadre, la ville de Marseille participe \u00e0 toutes les COPs depuis la COP21 pour faire conna\u00eetre nos r\u00e9ussites, et lancer un v\u00e9ritable plaidoyer, un plaidoyer en 3 temps\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>d\u2019abord pour la d\u00e9centralisation car c\u2019est une cl\u00e9 de r\u00e9ussite de la mise en place d\u2019une approche low-tech avec la participation des habitants. C\u2019est, en m\u00eame temps, une clarification de la gouvernance multiniveaux, surtout valable pour la France qui n\u2019est pas vraiment capable, avec son mode de gouvernance, de g\u00e9rer son territoire de fa\u00e7on syst\u00e9mique\u00a0;<\/li>\n<li>ensuite, c\u2019est la participation \u00e0 la gouvernance mondiale de l\u2019environnement revendiqu\u00e9e par les villes depuis longtemps. Depuis &#8220;Rio +20 \u00bb en 2012, on a eu une sorte d\u2019all\u00e9gation en ce sens et on a beaucoup cru que les collectivit\u00e9s territoriales allaient \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 un nouvel organe de gouvernance mondial de l\u2019environnement qui, finalement, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9\u00a0;<\/li>\n<li>enfin, c\u2019est une sp\u00e9cificit\u00e9 marseillaise je dirais, cette id\u00e9e d\u2019une transition juridique globale pour soutenir l\u2019\u00e9mergence de nouveaux mod\u00e8les de d\u00e9veloppement local, sobres et inclusifs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette <em>transition juridique globale<\/em>, c\u2019est l\u2019id\u00e9e que l\u2019on ne pourra pas changer globalement le fonctionnement du monde sans changer les r\u00e8gles qui le r\u00e9gissent. Cela peut para\u00eetre \u00e9vident, pourtant personne ne s\u2018est attel\u00e9 \u00e0 cette t\u00e2che immense. Ce concept est en fait n\u00e9 d\u2019une prise de conscience fulgurante d\u2019acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile locale, choqu\u00e9s de cette vision tr\u00e8s technocratique port\u00e9 par l\u2019Accord de Paris. Ce sont des acteurs qui ressentent au quotidien les multiples inadaptations du droit aux innovations vertueuses De fait, nous pr\u00f4nons un changement \u00e0 travers la cr\u00e9ation tr\u00e8s r\u00e9cente de \u00ab\u00a0<em>l\u2019Institut de la transition juridique\u00a0\u00bb<\/em> \u00e0 Marseille. J\u2019ai personnellement port\u00e9 \u00e0 la COP 22 de Marrakech le premier rapport que nous avons r\u00e9dig\u00e9 fin 2016. Nous soutenons un plaidoyer pour une approche globale face \u00e0 un changement global de mod\u00e8le, une approche radicale aussi pour revenir aux valeurs originelles du droit alors qu\u2019actuellement, pour accompagner le d\u00e9veloppement durable, il n\u2019existe que des contournements de loi, des d\u00e9rogations, des all\u00e9gements de normes et des adaptations. Il faut travailler en profondeur sur des changements de la pens\u00e9e juridique qui vont avoir des retomb\u00e9es multiples en termes de lib\u00e9ration de la cr\u00e9ativit\u00e9 territoriale. Une approche volontaire aussi car l\u2019ancien monde est encore bien vigoureux et il est urgent de faire en sorte que les GAFA notamment, ne captent plus tous les profits aux d\u00e9pends de l\u2019\u00e9conomie locale. Et puis, je dois signaler que cette d\u00e9marche doit \u00eatre soutenue par les acteurs locaux, car ce sont eux qui sont aux premi\u00e8res loges, qui sont les plus concern\u00e9s et qui sont les mieux plac\u00e9s pour constater les blocages juridiques.<\/p>\n<p>Voil\u00e0, donc nous sommes pr\u00eats \u00e0 accueillir toutes les volont\u00e9s transformatrices pour faire un inventaire de tout ce qui doit changer dans le droit et l\u2019articuler dans une vision globale pour, ensuite, actionner le lobbying aupr\u00e8s des \u00c9tats et des instances continentales ou mondiales sur les r\u00e8gles de concurrence, notamment.<\/p>\n<p>Je vous remercie pour votre attention et je reste \u00e0 l\u2019\u00e9coute de toutes ces interventions qui, j\u2019en suis s\u00fbr, vont \u00eatre tr\u00e8s riches.<\/p>\n<p>Pour prendre connaissance de la pr\u00e9sentation de Monsieur Lardic, <a href=\"https:\/\/amenageurs-med.org\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/1.1-Presentation-JChL-Avitem-LowTech.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">c&#8217;est par ici<\/a>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous poursuivons la mise en ligne des interventions des orateurs du dernier webinaire, consacr\u00e9 au low tech en M\u00e9diterran\u00e9e. 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