{"id":7040,"date":"2021-09-13T07:42:44","date_gmt":"2021-09-13T05:42:44","guid":{"rendered":"https:\/\/amenageurs-med.org\/?p=7040"},"modified":"2021-09-16T10:31:41","modified_gmt":"2021-09-16T08:31:41","slug":"webinaire-3-les-dechets-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-5-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amenageurs-med.org\/en\/2021\/09\/13\/webinaire-3-les-dechets-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-5-12\/","title":{"rendered":"Webinaire 3\u00a0: Les d\u00e9chets en M\u00e9diterran\u00e9e, r\u00e9silience urbaine et solutions innovantes &#8211; AViTeM (5\/13)"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous poursuivons la mise en ligne des intervenants du troisi\u00e8me webinaire d\u00e9di\u00e9 aux ressources en M\u00e9diterran\u00e9e. La th\u00e9matique que nous avons d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;explorer concerne un sujet tr\u00e8s probl\u00e9matique en M\u00e9diterran\u00e9e, celui des d\u00e9chets.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Les d\u00e9chets, une ressource\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/strong> Si l\u2019affirmation n\u2019est pas imm\u00e9diatement \u00e9vidente, nous allons voir pourquoi et comment les intervenants de ce troisi\u00e8me webinaire, qui s\u2019est tenu le 3 juin dernier, soutiennent cette position.<\/p>\n<p><em>Pour m\u00e9moire, le webinaire du 3 juin est le troisi\u00e8me d\u2019une s\u00e9rie de quatre, destin\u00e9s \u00e0 traiter de la raret\u00e9 de ressources embl\u00e9matiques de la M\u00e9diterran\u00e9e, mais aussi des solutions, traditionnelles comme innovantes, qui s\u2019appliquent \u00e0 la recherche, \u00e0 la conservation et \u00e0 une gestion optimis\u00e9e de celles-ci. <\/em><\/p>\n<p>Voici la cinqui\u00e8me contribution :<\/p>\n<p><strong>Intervention de Maxime Ducoulombier : Co-fondateur de Synchronicity<\/strong><\/p>\n<p>Bonjour ! Ce webinaire est passionnant pour un amoureux des d\u00e9chets comme moi depuis maintenant deux ans. D\u2019ailleurs, je suis de tr\u00e8s pr\u00e8s ce que fait la ville de Miramas, qui est assez extraordinaire sur notre territoire de la r\u00e9gion Sud. Dans ma r\u00e9flexion, j\u2019ai tendance \u00e0 ne pas trop vouloir r\u00e9inventer la roue et je tends souvent \u00e0 m\u2019inspirer de ce qui fonctionne ailleurs et je pense que c\u2019est un point important \u00e0 garder en t\u00eate. En fait, il faut se demander :<\/p>\n<ul>\n<li>qu\u2019est ce qui marche ailleurs ?<\/li>\n<li>quelles sont les sp\u00e9cificit\u00e9s de nos territoires ?<\/li>\n<li>comment adapter sur nos territoires ce qui fonctionne ailleurs?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien s\u00fbr, avant toute chose, je remercie l\u2019AVITEM pour son invitation et je suis ravi d\u2019\u00eatre l\u00e0 aujourd\u2019hui. Je suis, comme vous l\u2019avez signal\u00e9, un des cofondateurs de Synchronicity, qui est une structure assez r\u00e9cente. En fait, tout est parti des Marches pour le Climat. En tant qu\u2019entrepreneur, je me suis dit que je devais faire quelque chose, et c\u2019est comme \u00e7a que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 organiser des marches qui ont rassembl\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 15 000 participants. On s\u2019est rendu compte que ce que l\u2019on partage, c\u2019est le cloisonnement et la verticalit\u00e9 de l\u2019organisation alors que l\u2019environnement, par d\u00e9finition, est un syst\u00e8me circulaire et qu\u2019il y a plut\u00f4t besoin d\u2019un d\u00e9cloisonnement et d\u2019une vision horizontale et partag\u00e9e. Partag\u00e9e notamment en intelligence collective et en inspiration.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re pompeuse, on se pr\u00e9sente comme des \u00ab\u00a0<em>ing\u00e9nieurs de solutions<\/em>\u00a0\u00bb. En fait, nous cr\u00e9ons des passerelles entre des acteurs experts sur diff\u00e9rentes th\u00e9matiques qui nous tiennent \u00e0 c\u0153ur et qui deviennent essentielles quand on parle de \u00ab <em>perma-entreprise<\/em> \u00bb, ou d\u2019\u00e9conomie bleue. Je vous recommande d\u2019ailleurs, la lecture de <strong>G\u00fcnter Pauli <\/strong>qui m\u2019a beaucoup inspir\u00e9 sur ces m\u00e9thodologies. Celles-ci revendiquent l\u2019obligation de consid\u00e9rer nos d\u00e9chets comme des ressources et m\u00eame d\u2019aller plus loin que \u00e7a, puisqu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 le recyclage est la derni\u00e8re boucle de ce que l\u2019on devrait d\u00e9j\u00e0 faire et qu\u2019il est n\u00e9cessaire de se demander avant cela comment \u00e9viter d\u2019arriver \u00e0 cette \u00e9tape. Je vous donne un chiffre de 2017\u00a0: cette ann\u00e9e-l\u00e0 nous avons absorb\u00e9 1000 milliards de tonnes de mat\u00e9riaux, soit 35 kilos de mat\u00e9riaux par jour et par personne, ce qui repr\u00e9sentait d\u00e9j\u00e0 une multiplication par 4 en 50 ans. Ce qu\u2019il faut comprendre, c\u2019est que nous sommes de plus en plus nombreux, avec une consommation individuelle de plus en plus importante et, si l\u2019on ne fait rien la situation va vite devenir probl\u00e9matique. Et la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est que le recyclage ne nous permettra malheureusement pas de r\u00e9gler tous les probl\u00e8mes. Rappelons seulement que, dans ces 1000 milliards de tonnes de mat\u00e9riaux, il y en a seulement 10% qui sont remis dans la boucle de l\u2019\u00e9conomie circulaire.<\/p>\n<p>On dit aussi souvent que nous sommes cr\u00e9ateurs de flux coop\u00e9ratifs au service d\u2019un territoire durable et je pense que la notion de territoire, qui a \u00e9t\u00e9 si bien pr\u00e9sent\u00e9e par Mme Arfi tout \u00e0 l\u2019heure, est essentielle. Un territoire cela peut \u00eatre un b\u00e2timent, une \u00e9cole, une rue, un arrondissement, un quartier, une ville, une m\u00e9tropole, une r\u00e9gion, un pays, et m\u00eame la terre est un territoire en soi. L\u2019objectif c\u2019est de savoir comment on peut travailler sur ce territoire avec les acteurs qui le composent. Par exemple, cela n\u2019a pas de sens de faire intervenir des grosses entreprises qui viennent de tr\u00e8s loin pour traiter les probl\u00e8mes des quartiers de Noailles ou de Belsunce<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Ce sont n\u00e9cessairement des acteurs qui sont d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9s sur le territoire qui seront les plus efficaces pour parvenir \u00e0 g\u00e9rer cela. Un point important concernant Synchronicity est que, depuis 2 ans, nous avons fait beaucoup de POC (<em>proof of concept<\/em>). Nous sommes des gens tr\u00e8s \u00ab\u00a0ax\u00e9s terrain\u00a0\u00bb, m\u00eame s\u2019il est important de continuer \u00e0 \u00e9crire car cela inspire les acteurs de terrain qui peuvent ensuite mettre en application. Une chose que l\u2019on a remarqu\u00e9e, c\u2019est que plus on fait de l\u2019environnement plus on fait de l\u2019emploi au final. En tant qu\u2019entrepreneurs les chiffres ont un sens pour nous, et c\u2019est pourquoi, les solutions que nous d\u00e9veloppons doivent entrer dans la cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0business rentable\u00a0\u00bb car, par ce biais, les actions peuvent se p\u00e9renniser et se dupliquer. C\u2019est essentiel, parce que les actions uniquement financ\u00e9es par des subventions restent fragiles et ne peuvent pas s\u2019inscrire dans le long terme car le syst\u00e8me s\u2019enraye d\u00e8s que les subventions s&#8217;arr\u00eatent. En parlant de mod\u00e8le rentable, il faut savoir par exemple que les citernes de Marseille d\u00e9pensent 263 millions d\u2019euro pour br\u00fbler leurs d\u00e9chets. Nous nous concentrons sur la recherche de l\u2019efficience d\u2019usage\u00a0: nous voyons qu\u2019il y a beaucoup d\u2019argent d\u00e9pens\u00e9 et nous demandons comment il serait possible de faire mieux avec moins de moyens. Malheureusement, tr\u00e8s peu de d\u00e9chets ont une valeur suffisante pour pouvoir en organiser la collecte et les ins\u00e9rer dans la boucle de recyclage.<\/p>\n<p>Prenons l\u2019exemple des cartons\u00a0: m\u00eame si les cours varient, les prix \u00e9taient \u00e0 120\u20ac la tonne il y a deux ans, puis on est descendu jusqu\u2019\u00e0 40\u20ac quand la Chine a arr\u00eat\u00e9 d\u2019importer nos d\u00e9chets. Maintenant le prix des cartons est remont\u00e9 mais le co\u00fbt de collecte reste bien sup\u00e9rieur \u00e0 la valeur carton. Mais tout d\u00e9pend de l\u2019angle de vue et de comment on consid\u00e8re le carton. Peut-\u00eatre faut-il le recycler en s\u2019interrogeant uniquement sur sa valeur de collecte et de mise en conformit\u00e9 afin qu\u2019il soit retrait\u00e9. Cependant, je peux vous assurer que ce carton peut valoir jusqu\u2019\u00e0 2000 \u20ac la tonne, tout simplement en en faisant du carton d\u2019occasion et dans ce cas-l\u00e0 il y a un int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique \u00e0 sa collecte. Cette augmentation de valeur qui le fait passer de 100 \u00e0 2000\u20ac vient de l\u2019emploi, de l\u2019emploi inclusif, de l\u2019emploi ancr\u00e9. Ces cartons sont pr\u00e9par\u00e9s en enlevant les scotchs et en les classant par tailles. Ainsi, il devient plus commode de les r\u00e9utiliser. C\u2019est ce que fait \u00ab\u00a0<em>Carton Plein<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 Paris. \u00c0 l\u2019origine, ils fournissaient les cartons au d\u00e9part du camion de d\u00e9m\u00e9nagement puis ils se sont rendu compte qu\u2019apr\u00e8s un d\u00e9m\u00e9nagement, les cartons restent en tr\u00e8s bon \u00e9tat. Comme les personnes les ayant utilis\u00e9s ne savent en g\u00e9n\u00e9ral pas quoi en faire, ils les r\u00e9cup\u00e8rent\u00a0; cela repr\u00e9sente aujourd\u2019hui plus de 60% de leur chiffre d&#8217;affaires. Le carton est une mati\u00e8re noble avec laquelle on peut faire beaucoup de choses. A Marseille on pourrait faire des quartiers et des villes tous les jours avec tous les cartons que l\u2019on collecte. Mais on peut aussi en faire un produit de stockage ou autre.<\/p>\n<p>Un point important c\u2019est l\u2019optimisation de la logistique, c\u2019est-\u00e0-dire comment on organise la logistique de nos d\u00e9chets. On se rend compte, avec la probl\u00e9matique chinoise \u00e9voqu\u00e9e plus t\u00f4t, de la difficult\u00e9 de la d\u00e9sindustrialisation. Les industries ont presque totalement disparu de notre territoire, ce qui fait que lorsque l\u2019on calcule le co\u00fbt de traitement du papier, on s\u2019aper\u00e7oit que ce n\u2019est pas rentable puisqu\u2019il faut l\u2019envoyer \u00e0 l\u2019autre bout de la France pour qu\u2019il puisse \u00eatre recycl\u00e9. Le fait de ne pas avoir de centre de proximit\u00e9 pour pouvoir traiter et valoriser les gisements qui ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s est un vrai frein au d\u00e9veloppement. Dans ce sens-l\u00e0, j\u2019ai plut\u00f4t tendance \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer les microsyst\u00e8mes plut\u00f4t <em>low-tech<\/em> pour que cela puisse \u00eatre dupliqu\u00e9 partout. Je ne suis pas un expert sud-m\u00e9diterran\u00e9en mais je serais tr\u00e8s curieux de savoir comment cela se d\u00e9veloppe sur cette zone. L\u2019une de nos grandes sources d\u2019inspiration, c\u2019est le \u00ab\u00a0<em>Plastic Odyssey<\/em>\u00a0\u00bb, qui est un bateau d\u2019exploration qui va partir de Marseille pour faire un tour du monde en commen\u00e7ant par la M\u00e9diterran\u00e9e. Son objectif consiste \u00e0 trouver des syst\u00e8mes low-tech et open source pour pouvoir ensuite les diffuser. Ils identifient les technologies adapt\u00e9es et faciles \u00e0 mettre en \u0153uvre et ils fournissent ensuite l\u2019ensemble des plans et des m\u00e9thodes pour les r\u00e9aliser. Pour revenir \u00e0 ce qui concerne la logistique, l\u00e0 o\u00f9 nous intervenons, c\u2019est dans les centres villes urbains denses ainsi que les c\u0153urs de noyaux villageois, en fait, dans tout ce qui est compliqu\u00e9 d\u2019acc\u00e8s.<\/p>\n<p>Depuis deux ans on a r\u00e9alis\u00e9 des POC sur diff\u00e9rents syst\u00e8mes, avec, comme point commun l\u2019utilisation de la cyclo-logistique. Il ne faut pas consid\u00e9rer un v\u00e9lo avec deux sacoches de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019un v\u00e9lo qui peut transporter jusqu\u2019\u00e0 3 m<sup>3<\/sup> et 250 kilos de charge. Nous travaillons sur la logistique du premier\/dernier kilom\u00e8tre, celle qui permet d\u2019\u00eatre au plus proche de ce que vous devez venir collecter, c\u2019est \u00e0 dire les gisements qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement tri\u00e9s. Mais cela vous permet aussi de livrer aux plus proche. Or, nous avons remarqu\u00e9 que le d\u00e9veloppement de la logique de circuit favorise l\u2019alimentation de circuit court. Nous savons que l\u2019alimentation produit beaucoup de d\u00e9chets, du fait notamment des emballages n\u00e9cessaires \u00e0 son transport. De fait, plus le circuit est court, moins il y a d\u2019emballages \u00e0 traiter, le but \u00e9tant de les r\u00e9duire au maximum. Nous organisons des boucles d\u2019\u00e9conomie circulaire avec, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019installation de spots, de pr\u00e9f\u00e9rence en centre-ville, o\u00f9 les producteurs locaux se rassemblent et sont ainsi tr\u00e8s proches des lieux de distribution. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, de ce spot des livreurs en cyclo-logistique vont aller livrer ces produits en circuit court et en m\u00eame temps, r\u00e9cup\u00e9rer des d\u00e9chets qui auront \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement tri\u00e9s par des acteurs \u00e9conomiques. Nous d\u00e9finissons l\u2019acteur \u00e9conomique, \u00e0 Marseille par exemple, comme celui qui g\u00e9n\u00e8re 30% du volume des poubelles. Dans ce circuit court, on va d\u2019une part d\u00e9poser au plus pr\u00e8s la production des commer\u00e7ants et d\u2019autre part, r\u00e9cup\u00e9rer des cartons par exemple, pour les emmener sur un lieu de massification, o\u00f9 on va les trier le mieux possible, optimiser au maximum la valeur que l\u2019on peut en tirer et quand il n\u2019y a plus rien \u00e0 en tirer, on peut les diriger vers la micro-m\u00e9thanisation.<\/p>\n<p>\u00c0 ce sujet, une premi\u00e8re mondiale va avoir lieu \u00e0 Marseille, avec l\u2019installation d\u2019un micro-m\u00e9thaniseur sur le toit d\u2019un centre commercial. Il va permettre de transformer les biod\u00e9chets des restaurateurs de Marseille en m\u00e9thane, lequel sera \u00e0 son tour imm\u00e9diatement transform\u00e9 en \u00e9lectricit\u00e9 et en eau chaude d\u00e9min\u00e9ralis\u00e9e pour alimenter un pressing. Ainsi, vous voyez comment, sur une boucle de 500 m\u00e8tres, on arrive \u00e0 livrer, collecter, massifier traiter et avoir l\u2019optimisation la plus vertueuse possible du syst\u00e8me. Pour aller plus loin, nous sommes en train de nous renseigner pour savoir si, \u00e0 partir de biogaz, on peut avoir la capacit\u00e9 de produire de l&#8217;hydrog\u00e8ne et du carbone solide. Ces syst\u00e8mes devraient pouvoir venir compl\u00e9ter \u00e0 terme ces boucles vertueuses.<\/p>\n<p>Un autre point important et malheureusement trop peu pris en compte dans les march\u00e9s publics, mais qui est majeur pour nous et qui se trouve parmi les crit\u00e8res ODD, concerne la valeur immat\u00e9rielle de la transformation d\u2019un bien par rapport \u00e0 sa valeur mat\u00e9rielle initiale. Quand on parle de d\u00e9chets, on \u00e9voque deux choses\u00a0: un co\u00fbt de collecte, souvent calcul\u00e9 en m<sup>3<\/sup> et un co\u00fbt de traitement en g\u00e9n\u00e9ral calcul\u00e9 \u00e0 la tonne. Quand le camion ramasse la poubelle, le calcul de ce qui est vers\u00e9 dans la benne s\u2019\u00e9value en m<sup>3<\/sup>. A Marseille, le co\u00fbt de collecte d\u2019un bac 660 litres est \u00e0 peu pr\u00e8s de 20\u20ac, ce qui signifie que chaque fois qu\u2019une poubelle est vid\u00e9e dans le camion, c\u2019est 20\u20ac d\u2019argent public qui sont engloutis dans ce camion. D\u00e8s que le d\u00e9chet est compress\u00e9 dans le camion, il devient un ensemble compact et son co\u00fbt se calcule \u00e0 la tonne. Il en est de m\u00eame du co\u00fbt de traitement, la plupart du temps lui aussi calcul\u00e9 \u00e0 la tonne. Nous pouvons, en retour, nous interroger sur la valeur immat\u00e9rielle du bien retrait\u00e9. L\u00e0, les modes de calcul sont vari\u00e9s\u00a0; nous avons choisi une m\u00e9thode qui nous para\u00eet logique. Si je reprends l\u2019exemple de mes cartons, sans aller jusqu\u2019\u00e0 2000\u20ac la tonne, je sais qu\u2019il est possible d\u2019en faire des chips qui vont servir pour fabriquer de la liti\u00e8re \u00e9quine. C\u2019est quelque chose qui se fait d\u00e9j\u00e0 dans d\u2019autres pays d\u2019Europe\u00a0: il s\u2019agit de remplacer la paille qui co\u00fbte tr\u00e8s cher, puisque d\u00e9sormais toutes les pailles sont trait\u00e9es, par le carton qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un excellent produit pour mettre dans les box des chevaux et ensuite l\u2019int\u00e9grer dans la boucle de recyclage. La valeur cr\u00e9\u00e9e n\u2019est pas tellement sup\u00e9rieure au co\u00fbt de recyclage du carton, en revanche elle permet de cr\u00e9er un emploi. C\u2019est cela que nous identifions comme la valeur immat\u00e9rielle. Certes, il n\u2019y aura pas de b\u00e9n\u00e9fice financier dans la transformation du carton d\u2019origine en liti\u00e8re \u00e9quine, il y aura \u00ab\u00a0seulement\u00a0\u00bb \u00e0 le recycler puis le mettre sous presse. Mais, cette action aura aussi entra\u00een\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019un emploi.<\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 la cyclo-logistique, nous discutions actuellement avec \u00ab\u00a0<em>coursier.fr<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e0 Paris. Rappelons que cette soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait quasiment inexistante il y a deux ans. Aujourd\u2019hui, elle compte 350 coursiers en CDI et pr\u00e9pare un plan de recrutement de 650 collaborateurs d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e. En deux ans, elle aura recrut\u00e9 1000 personnes \u00e0 Paris pour faire de la logistique d\u00e9carbon\u00e9e sur le premier\/dernier kilom\u00e8tre. Et nous n\u2019en sommes qu\u2019au d\u00e9but. M\u00eame si les entreprises de coursiers sont nombreuses, cette explosion montre bien cette capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de l\u2019emploi, de l\u2019emploi inclusif, non d\u00e9localisable et multiple.<\/p>\n<p>La vari\u00e9t\u00e9 des emplois qu\u2019offrent le monde de l\u2019\u00e9conomie circulaire et celui de l\u2019environnement est tr\u00e8s vaste. Tant\u00f4t, il va falloir travailler avec des mara\u00eechers pour r\u00e9cup\u00e9rer les tomates hors calibre ou trop nombreuses par rapport \u00e0 des pics de production. Petit apart\u00e9, il faut savoir qu\u2019il y a 20% de la production alimentaire qui dispara\u00eet sur pied en Europe parce qu\u2019elle ne correspond pas aux crit\u00e8res de taille, de format, de couleur\u2026 ou parce qu\u2019il y a trop de tomates en m\u00eame temps, ce qui fait que le prix de la tomate ne permet pas une collecte rentable. Tant\u00f4t on va aller faire de la collecte \u00e0 v\u00e9lo, ou encore, on va r\u00e9parer des v\u00e9los, qui sont de plus en plus complexes avec l\u2019irruption de l\u2019\u00e9lectronique embarqu\u00e9e. C\u2019est cette multitude de m\u00e9tiers inclusifs qui va permettre de retrouver de la coh\u00e9rence territoriale.<\/p>\n<p>Pour conclure, j&#8217;aimerais insister sur ce que disait Mme Arfi de la municipalit\u00e9 de Miramas, en reprenant ses mots cl\u00e9s : intelligence collective, faire-savoir et implication. Revenir aussi sur la notion d\u2019\u00e9ducation \u00e0 l\u2019\u00e9cole, d\u2019acculturation, qui devrait \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de tout. Pour moi, l\u2019\u00e9cole est le centre du village et les \u00e9nergies, comme les programmes, devraient se concentrer sur les \u00e9coles. Le manque de moyens n\u2019est pas une vraie raison\u00a0: Synchronicity a tent\u00e9 un POC sur plusieurs \u00e9coles de Marseille. Nous avons notamment travaill\u00e9 avec un groupe scolaire de 1500 \u00e9l\u00e8ves dont pr\u00e8s de 1000 demi-pensionnaires. L\u2019\u00e9tablissement d\u00e9pense quasiment 50 000\u20ac par an pour la gestion de ses d\u00e9chets. En apprenant aux \u00e9l\u00e8ves \u00e0 faire simplement le tri du carton et des bio-d\u00e9chets, on a r\u00e9ussi \u00e0 diviser la note par deux. Donc de l\u2019argent il y en a, il faut juste savoir bien l\u2019utiliser. Les \u00e9coles sont essentielles car c\u2019est la g\u00e9n\u00e9ration de demain et les enfants qui y \u00e9tudient sont d\u2019excellent vecteurs de communication aupr\u00e8s de leurs parents. C\u2019est beaucoup plus compliqu\u00e9 de concerner les adultes, comme les \u00e9tudiants d\u2019ailleurs, qui sont les plus mauvais trieurs de France. Former les enfants va leur permettre de devenir les ambassadeurs du tri aupr\u00e8s de leurs parents. Je sais aussi qu\u2019une \u00e9cole exemplaire va se construire \u00e0 Miramas. Les paroles sont utiles mais ne peuvent pas remplacer les actes. Sur le sujet de la mise en pratique, la ville de Miramas est tr\u00e8s en avance.<\/p>\n<p>Dernier point, le Congr\u00e8s mondial de la Nature se tient en ce moment \u00e0 Marseille. Ce sera le plus gros \u00e9v\u00e9nement mondial sur les questions environnementales, avec 10 000 scientifiques, des chefs d\u2019Etats ainsi que des entreprises priv\u00e9es, vectrices de solutions. Il est important de ne pas laisser de c\u00f4t\u00e9 les grosses entreprises, m\u00eame si elles ont des pass\u00e9s industriels qui peuvent \u00eatre per\u00e7us n\u00e9gativement, mais plut\u00f4t les accompagner au changement, \u00e0 la transition \u00e9cologique. Et puis, pour la premi\u00e8re fois dans ce Congr\u00e8s, il y aura un Espace G\u00e9n\u00e9ration Nature, con\u00e7u comme un espace destin\u00e9 \u00e0 accueillir le grand public pour d\u00e9couvrir des solutions pratiques et r\u00e9alistes. Le Minist\u00e8re nous a attribu\u00e9 un grand stand au sein de cet Espace o\u00f9 seront rassembl\u00e9s les sp\u00e9cialistes de la question de la gestion des d\u00e9chets, des ressources, pour pr\u00e9senter des solutions.<\/p>\n<p>Vous \u00eates tous les bienvenus pour venir d\u00e9couvrir nos solutions, dont le \u00ab\u00a0<em>Cocotarium<\/em>\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019une entreprise qui met en place des poulaillers intelligents permettant de traiter les biod\u00e9chets au sein de villages communaux. Je peux vous assurer, pour avoir regard\u00e9 l\u2019ACV de leur produit, que c\u2019est exemplaire et cela marche extr\u00eamement bien pour un co\u00fbt de traitement tr\u00e8s limit\u00e9. Je viens de perdre ma poule, elle est morte de son bel \u00e2ge il y a quelques jours. Ma poule mangeait l\u2019ensemble des bio-d\u00e9chets que nous, \u00e0 4 personnes, nous produisions, plus tout ce qui est tonte de l\u2019herbe, etc. Ne sous-estimons pas la puissance de la poule dans sa capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer parfaitement nos d\u00e9chets, \u00e0 amender nos terrains pour avoir de magnifiques arbres fruitiers, et puis \u00e0 produire des \u0153ufs.<\/p>\n<p>Merci pour votre attention.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Quartiers de Marseille (note du transcripteur)<\/p>\n<p>Pour prendre connaissance de la pr\u00e9sentation PPT de Monsieur Ducoulombier, <a href=\"https:\/\/amenageurs-med.org\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/1.4-PREZ_SYNCHRONICITY_AVITEME_bilan_kx_fotuv_holer.pptx.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">c&#8217;est par la<\/a>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous poursuivons la mise en ligne des intervenants du troisi\u00e8me webinaire d\u00e9di\u00e9 aux ressources en M\u00e9diterran\u00e9e. 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