{"id":6930,"date":"2021-08-13T07:36:58","date_gmt":"2021-08-13T05:36:58","guid":{"rendered":"https:\/\/amenageurs-med.org\/?p=6930"},"modified":"2021-08-13T07:36:58","modified_gmt":"2021-08-13T05:36:58","slug":"webinaire-2-lenergie-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-6-12","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amenageurs-med.org\/en\/2021\/08\/13\/webinaire-2-lenergie-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-avitem-6-12\/","title":{"rendered":"Webinaire 2\u00a0: L\u2019\u00e9nergie en M\u00e9diterran\u00e9e, r\u00e9silience urbaine et solutions innovantes &#8211; AViTeM (6\/12)"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Apr\u00e8s la partie d\u00e9di\u00e9e aux expertises m\u00e9diterran\u00e9ennes, nous poursuivons aujourd&#8217;hui la vision que procure l&#8217;exp\u00e9rience territoriale. Nous restons sur les territoires oasiens puisque c&#8217;est en partant de cette exp\u00e9rience territoriale tr\u00e8s sp\u00e9cifique que nous avons d\u00e9marr\u00e9 ce travail.<\/p>\n<p>Nous poursuivons donc les pr\u00e9sentations de la deuxi\u00e8me session d&#8217;interventions du second webinaire, qui s&#8217;est tenu le 29 avril dernier autour de l<strong>a ressource \u00e9nerg\u00e9tique en M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p><em>Pour m\u00e9moire, le webinaire du 29 avril est le second <span style=\"font-family: inherit; font-size: inherit; font-variant-ligatures: inherit; font-variant-caps: inherit; font-weight: inherit;\">d\u2019une s\u00e9rie de quatre, destin\u00e9s \u00e0 traiter de la raret\u00e9 de ressources embl\u00e9matiques de la M\u00e9diterran\u00e9e, mais aussi des solutions, traditionnelles comme innovantes, qui s\u2019appliquent \u00e0 la recherche, \u00e0 la conservation et \u00e0 une gestion optimis\u00e9e de celles-ci. Les trois ressources que l\u2019AVITEM a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019examiner sont l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie et les d\u00e9chets et, parmi les solutions, notamment celles qui feront l&#8217;objet du quatri\u00e8me webinaire (le 1er juillet), celles qui ont principalement recours \u00e0 la basse technologie.\u00a0<\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>Intervention de Mounia Bouali : Architecte, docteure en urbanisme sp\u00e9cialiste de la probl\u00e9matique oasienne\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous. Aujourd\u2019hui, je vous parlerai de l\u2019habitat vernaculaire mozabite. Cette pr\u00e9sentation s\u2019appuiera sur une lecture situ\u00e9e au croisement des caract\u00e9ristiques physiques du b\u00e2ti et des modes d\u2019habiter qui s\u2019y d\u00e9ploient. L\u2019objectif \u00e9tant de rendre compte des dispositifs qui ont \u00e9t\u00e9 mis en place traditionnellement pour habiter en pays chaud \u00e0 travers l\u2019exemple mozabite.<\/p>\n<p>Pour rappel, la pentapole du M\u2019Zab, inscrite au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO depuis 1982, est situ\u00e9e \u00e0 600 km au sud d\u2019Alger. Ce site se caract\u00e9rise par un climat saharien, avec des hivers froids et des \u00e9t\u00e9s extr\u00eamement chauds avec des \u00e9carts de temp\u00e9rature diurne et nocturne tr\u00e8s importants. Cette pentapole est compos\u00e9e de 5 ksour et de leurs palmeraies respectives qui ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9s entre le 11\u00e8me et le 14\u00e8me si\u00e8cle, implant\u00e9s sur un site rocailleux au bord de l\u2019oued M\u2019Zab et ses confluents.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle, les oasis de la vall\u00e9e du M\u2019Zab comptaient pr\u00e8s de 20 000 habitants. Aujourd\u2019hui, nous sommes face \u00e0 une ville oasienne de pr\u00e8s de 200 000 habitants (Diapositive 3).<\/p>\n<p>Les 5 ksour et leurs palmeraies sont implant\u00e9s en fonction d\u2019un principe identique qui correspond \u00e0 l\u2019installation d\u2019un ksar sur une \u00e9minence rocheuse, pour \u00eatre \u00e0 l\u2019abri des crues notamment, et d\u2019une palmeraie implant\u00e9e sur le lit de l\u2019oued pr\u00e8s des couches aqueuses, en vue d\u2019y d\u00e9velopper une activit\u00e9 agricole.<\/p>\n<p>Sur cette diapositive (diapositive n\u00b04), nous apercevons le ksar de B\u00e9ni Isguen, implant\u00e9 sur le flanc est de la colline, et sa palmeraie qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e sur les bords de l\u2019oued N\u2019Tissa, un des confluents de l\u2019oued M\u2019Zab. J\u2019ajouterai juste une petite information, tr\u00e8s importante \u00e0 retenir, et qui \u00a0caract\u00e9risait le mode d\u2019habiter des oasis mozabites traditionnelles, celle du double habitat\u00a0: l\u2019habitat du ksar et celui de la palmeraie \u2013 plus r\u00e9cent que le ksar- occup\u00e9, essentiellement, en \u00e9t\u00e9. Traditionnellement, ce dernier \u00e9tait occup\u00e9 du mois de mai jusqu\u2019au mois d\u2019octobre environ, soit jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9colte des dattes, t\u00e9moignant d\u2019un \u00ab rythme d&#8217;habiter \u00bb \u00a0fond\u00e9 sur le cycle du palmier-dattier.<\/p>\n<p>Sans plus tarder, je vais vous pr\u00e9senter la maison vernaculaire du ksar que l\u2019on appelle \u00ab <em>taddart<\/em> \u00bb. L\u2019habitat traditionnel mozabite se caract\u00e9rise par une gestion des variations de temp\u00e9rature quotidienne et saisonni\u00e8re \u00e0 travers une pratique habitante qui s\u2019appuie sur le d\u00e9placement quotidien entre les diff\u00e9rents niveaux de la maison. Cette pratique n\u2019est pas propre au M\u2019Zab puisque dans les pays du Moyen-Orient, \u00e0 titre d\u2019exemple, nous retrouvons aussi ce type de d\u00e9placement qui a lieu entre les diff\u00e9rents \u00e9tages, ou entre les pi\u00e8ces de la partie nord et celles de la partie sud d\u2019une habitation en fonction des saisons. Nous entendons par \u00ab\u00a0habitat vernaculaire mozabite\u00a0\u00bb un habitat qui a exist\u00e9 dans la r\u00e9gion du M\u2019Zab jusqu\u2019aux ann\u00e9es 60\/70. Il a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9 par une population savante, par l\u2019exp\u00e9rience, la bonne connaissance du site et la prise en compte du climat, des vents dominants mais aussi des mat\u00e9riaux locaux. Dans la r\u00e9gion du M\u2019Zab, les mat\u00e9riaux utilis\u00e9s sont essentiellement\u00a0: la pierre, le <em>timchemt<\/em> (un pl\u00e2tre local), les palmes et stipes de palmier dattier pour ce qui est de l\u2019habitat des ksour. Pour l\u2019habitat de la palmeraie, on trouvera les m\u00eames mat\u00e9riaux avec toutefois une variante concernant une utilisation plus importante de la brique de terre s\u00e9ch\u00e9e au soleil. La terre argileuse servant \u00e0 la fabrication de ces briques se trouve \u00eatre le mat\u00e9riau le plus disponible dans le lit de l\u2019oued, pr\u00e9s duquel les habitations sont construites.<\/p>\n<p>C\u2019est cet habitat qui n\u2019existe \u00e9videmment plus en l\u2019\u00e9tat aujourd\u2019hui, que je voudrais vous pr\u00e9senter.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord l\u2019habitation mozabite, qu\u2019elle soit dans le ksar ou dans la palmeraie est une habitation introvertie, dont tous les espaces sont organis\u00e9s autour du \u00ab <em>West eddar<\/em> \u00bb, le centre de la maison que l\u2019on appelle aussi commun\u00e9ment le patio. Il participe, avec la porte d\u2019entr\u00e9e, \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un appel d\u2019air qui contribue \u00e0 la ventilation du rez-de-chauss\u00e9e mais aussi \u00e0 son \u00e9clairement z\u00e9nithal. Le patio mozabite n\u2019est pas compl\u00e8tement ouvert comme \u00e0 S\u00e9ville, Alger, F\u00e8s ou Tunis. Dans la r\u00e9gion du M\u2019Zab, comme nous pouvons le voir sur la coupe faite par l\u2019architecte Bousquet (diapo n\u00b0 6), la cour centrale est recouverte au niveau inf\u00e9rieur, tout en r\u00e9servant une ouverture mod\u00e9r\u00e9e sur le ciel que l\u2019on appelle le \u00ab\u00a0<em>chebek<\/em>\u00a0\u00bb (photo). Donc nous avons un patio qui est r\u00e9duit dans sa partie sup\u00e9rieure, ce qui permet d\u2019avoir un plateau de terrasses tr\u00e8s important au niveau du premier \u00e9tage et comme le soulignait Mr Tella\u00ef tout \u00e0 l\u2019heure, il s\u2019agit de l\u2019espace le plus utilis\u00e9 en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Ma pr\u00e9sentation va essentiellement traiter de la maison du ksar, qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour \u00eatre habit\u00e9e en hiver comme en \u00e9t\u00e9, contrairement \u00e0 celle de la palmeraie habit\u00e9e uniquement en \u00e9t\u00e9. L\u2019exemple du ksar permet de montrer une combinaison efficace entre architecture et mode d\u2019habiter pour arriver \u00e0 un confort thermique optimum sur une p\u00e9riode annuelle compl\u00e8te.<\/p>\n<p>Le rez-de-chauss\u00e9e est compos\u00e9 d\u2019une entr\u00e9e en chicane (diapo page 6) qui donne sur un espace interm\u00e9diaire qui s\u2019appelle la \u00ab\u00a0<em>tahdja\u00a0\u00bb<\/em> situ\u00e9e entre l\u2019entr\u00e9e de la maison et le patio. On y recense \u00e9galement des chambres, des latrines avec un petit espace de douche et un coin cuisine appel\u00e9e \u00ab <em>inayen<\/em> \u00bbet qui consiste en une chemin\u00e9e qui occupe une partie du patio ou qui se trouve dans une pi\u00e8ce d\u00e9di\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tage est compos\u00e9 de deux parties, une premi\u00e8re qui est b\u00e2tie et compos\u00e9e de chambres, de pi\u00e8ces de stockage, \u00e9galement avec un \u00e2tre, des latrines, un coin douche et une galerie qu\u2019on appelle \u00ab <em>ikomar<\/em> \u00bb et qui peut se d\u00e9velopper sur un ou plusieurs c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans l\u2019exemple que je mobilise, l\u2019\u00a0<em>ikomar<\/em>\u00a0 est d\u00e9velopp\u00e9 sur deux c\u00f4t\u00e9s en raison de la configuration et de l\u2019emplacement de la maison. La deuxi\u00e8me partie de l\u2019\u00e9tage consiste en une terrasse.<\/p>\n<p>La cave est \u00e9galement un espace tr\u00e8s fr\u00e9quent dans l\u2019habitation du ksar. Utilis\u00e9e pour le stockage des denr\u00e9es alimentaires et avec une diff\u00e9rence de temp\u00e9ratures notable, elle est aussi tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e les apr\u00e8s-midis d\u2019\u00e9t\u00e9 pour se rafra\u00eechir.<\/p>\n<p>En revanche, dans la palmeraie qui constitue une zone inondable, il est extr\u00eamement rare d\u2019y trouver des caves.<\/p>\n<p>Cette illustration r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019architecte Andr\u00e9 Rav\u00e9reau (diapo n\u00b07) r\u00e9sume tr\u00e8s bien cette mani\u00e8re d\u2019occuper les diff\u00e9rents niveaux de la maison en fonction de la course du soleil de mani\u00e8re quotidienne mais aussi saisonni\u00e8re et des b\u00e9n\u00e9fices recherch\u00e9s. Ce mode d\u2019habiter est particuli\u00e8rement lisible \u00e0 travers deux \u00e9l\u00e9ments\u00a0: la cuisine et le m\u00e9tier \u00e0 tisser. Ils sont pr\u00e9sents \u00e0 la fois au rez-de-chauss\u00e9e et \u00e0 l\u2019\u00e9tage.<\/p>\n<p>Au solstice d\u2019hiver le soleil est \u00e0 35\u00b0 environ au-dessus de l\u2019horizon et chauffe, d\u00e8s le matin, le sol du portique \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Dans cet exemple situ\u00e9 \u00e0 B\u00e9ni Isguen, la maison est orient\u00e9e sud-sud-est, ce qui permet de r\u00e9chauffer en m\u00eame temps le plafond des pi\u00e8ces situ\u00e9es en dessous. D\u2019ailleurs en cette saison le m\u00e9tier \u00e0 tisser est install\u00e9 dans l\u2019<em>ikomar<\/em> et les activit\u00e9s domestiques diurnes sont effectu\u00e9es \u00e0 cet \u00e9tage. Cette orientation permet \u00e9galement d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019abri des vents dominants d\u2019hiver qui viennent du nord-ouest. Pendant cette saison en journ\u00e9e, le rez-de-chauss\u00e9e est tr\u00e8s peu \u00e9clair\u00e9 et peu chauff\u00e9, les \u00e9pais murs en pierre, avec leur tr\u00e8s importante inertie, laissent \u00e9chapper pendant la nuit la chaleur emmagasin\u00e9e la journ\u00e9e. \u00c0 la tomb\u00e9e de la nuit, c\u2019est l\u2019inverse qui se produit\u00a0: l\u2019ouverture du patio ainsi que toutes les autres petites ouvertures et interstices du rez-de-chauss\u00e9e sont obstru\u00e9es par des \u00e9l\u00e9ments textiles et les hommes et leurs activit\u00e9s se d\u00e9placent vers le rez-de-chauss\u00e9e qui a emmagasin\u00e9 pendant la journ\u00e9e la chaleur dans l\u2019\u00e9paisseur des murs. La pr\u00e9paration du repas se fait elle aussi au rez-de-chauss\u00e9e, ce qui contribue au chauffage de la maison.<\/p>\n<p>Des tapis sont \u00e9galement \u00e9tendus sur les portes pour dormir en vase clos et permettent de garder un maximum de chaleur dans la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>En \u00e9t\u00e9, c\u2019est l\u2019inverse qui se produit. Au solstice d\u2019\u00e9t\u00e9 l\u2019inclinaison des rayons est \u00e0 plus de 80\u00b0, et les activit\u00e9s en journ\u00e9e se d\u00e9roulent plut\u00f4t au rez-de-chauss\u00e9e apr\u00e8s que les murs aient \u00a0lib\u00e9r\u00e9s toute la chaleur emmagasin\u00e9e pendant la nuit.<\/p>\n<p>Le m\u00e9tier \u00e0 tisser y est lui aussi install\u00e9 dans la<em> tahdja<\/em> ou le <em>west eddar<\/em>, en dessous de l\u2019<em>ikomar<\/em>. En cette saison, la galerie est \u00e0 l\u2019ombre et prot\u00e8ge l\u2019\u00e9tage inf\u00e9rieur, ce qui permet l\u2019entretien d\u2019un courant d\u2019air et une protection contre les rayons du soleil. Au milieu de la journ\u00e9e, quand le soleil est au z\u00e9nith, l\u2019ouverture du patio ainsi que tous les interstices sont obstru\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de nattes, de palmes, ou de chiffons souvent humidifi\u00e9s afin de rendre moins sec l\u2019air qui entre dans la maison. En \u00e9t\u00e9, peu d\u2019aliments sont cuits en raison de la chaleur mais aussi \u00e0 cause de la raret\u00e9 et du prix important du combustible que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re conserver pour l\u2019hiver. Pendant les soir\u00e9es, toutes les activit\u00e9s se passent \u00e0 l&#8217;\u00e9tage entre l\u2018<em>ikomar<\/em> et la terrasse, le rez-de-chauss\u00e9e devient inconfortable et la grande terrasse qui surplombe la partie b\u00e2tie de l\u2019\u00e9tage sert essentiellement pour le sommeil d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Concernant la maison de la palmeraie appel\u00e9e <em>akham<\/em> en mozabite (Diapo n\u00b08), les caract\u00e9ristiques physiques du b\u00e2ti ainsi que les pratiques habitantes qui s\u2019y d\u00e9ploient, ob\u00e9issent globalement au m\u00eame principe que celles du ksar, mais toutefois avec des caract\u00e9ristiques qui lui sont propres dues entre autres \u00e0 son implantation dans la palmeraie.<\/p>\n<p>Ainsi, la maison de la palmeraie se diff\u00e9rencie de celle du ksar avant tout par la pr\u00e9sence d\u2019un ext\u00e9rieur v\u00e9g\u00e9talis\u00e9 \u00ab\u00a0le jardin\u00a0\u00bb sur lequel s\u2019ouvre le sabbat. Ce dernier consiste en un portique ouvert sur le jardin et utilis\u00e9 comme salon d\u2019\u00e9t\u00e9. La maison de la palmeraie se caract\u00e9rise aussi par la pr\u00e9sence de chambres \u00e0 l\u2019\u00e9tage avec, souvent, \u00a0un escalier donnant sur une terrasse priv\u00e9e qui la surplombe. Il ne s\u2019agit plus d\u2019un grand plateau de terrasse comme pour l\u2019habitat du ksar, mais de plusieurs terrasses priv\u00e9es et individualis\u00e9es. Le d\u00e9placement entre les diff\u00e9rents niveaux de l\u2019habitation reste inchang\u00e9 mais toutefois nuanc\u00e9 par l\u2019usage du \u00a0jardin tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 pour l\u2019\u00e9l\u00e9ment v\u00e9g\u00e9tal et hydraulique qui le composent et qui permettent la cr\u00e9ation d\u2019un microclimat.<\/p>\n<p>Cette diversification dans les temps d\u2019occupation montre un mode d\u2019habiter rythm\u00e9 par la condition climatique et en harmonie avec l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Cette rationalit\u00e9 dans l\u2019utilisation des ressources \u00e0 bon escient est int\u00e9ressante \u00e0 \u00e9tudier et peut servir de mod\u00e8le pour accompagner la transition \u00e9nerg\u00e9tique, notamment dans les pays chauds, avec la mise en place de guides de bonnes pratiques. C\u2019est pour cette raison qu\u2019il est essentiel de parler d\u2019habitat vernaculaire et pas seulement d\u2019architecture vernaculaire. Selon moi, parler uniquement d\u2019architecture focaliserait le regard sur la mat\u00e9rialit\u00e9 du b\u00e2ti sans tenir compte de l\u2019\u00e9paisseur sociale qui renseigne sur les modes de consommation, mais aussi sur les dispositifs qui ont \u00e9t\u00e9 mis en place par ces populations pour am\u00e9liorer le confort thermique domestique et urbain.<\/p>\n<p>Mr Tella\u00ef a montr\u00e9, lors de sa pr\u00e9sentation du ksar de Tafilelt inspir\u00e9 des ksour traditionnels, une photo du cr\u00e9pissage des murs ext\u00e9rieurs qui pr\u00e9sente un aspect rugueux. Cette rugosit\u00e9 est destin\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er des micro-ombres port\u00e9es qui contribuent \u00e0 la diminution des temp\u00e9ratures ressenties en int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Dans les ksour traditionnels, \u00a0les ruelles comportent \u00a0des r\u00e9tr\u00e9cissements pour r\u00e9duire la vitesse des vents de sable, fr\u00e9quents dans la r\u00e9gion. Evoquons aussi l\u2019\u00e9troitesse de ces ruelles qui, associ\u00e9e \u00e0 la hauteur du b\u00e2ti, r\u00e9duit la dur\u00e9e de l\u2019ensoleillement direct des b\u00e2timents. Tous ces \u00e9l\u00e9ments doivent \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s avec attention, car m\u00eame si nous savons qu\u2019il est difficile de nos jours, avec les exigences qui nous sont impos\u00e9es par la vie moderne, de reprendre les choses telles qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 mises en place\u00a0; il reste en revanche possible de s\u2019en inspirer et de les adapter en partie pour un usage contemporain et responsable.<\/p>\n<p>Pour conclure, loin d\u2019avoir une pens\u00e9e exclusivement \u00ab pass\u00e9iste \u00bb, il me para\u00eet extr\u00eamement important de revenir sur les solutions qui ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es en climat chaud, afin de parvenir \u00e0 un habitat viable et un espace praticable en d\u00e9veloppant des solutions adapt\u00e9es \u00e0 la conjoncture climatique et p\u00e9rennes. Comme au webinaire pr\u00e9c\u00e9dent, je souhaite finir par cette conviction\u00a0: \u00ab <em>Les solutions de demain se trouvent dans les r\u00e9ponses d\u2019hier <\/em>\u00bb en ajoutant \u00e9galement l\u2019importance \u00ab\u00a0d\u2019apprendre de la tradition, en reprenant les mot d\u2019Andr\u00e9 Rav\u00e9reau, et non reprendre de la tradition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En vous remerciant pour votre attention.<\/p>\n<p>Pour prendre connaissance du support de pr\u00e9sentation de M. Bouali, <a href=\"https:\/\/amenageurs-med.org\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/2-2-Mounia-BOUALI-AVITEM-revue-MB-2.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">c&#8217;est par ici<\/a>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Apr\u00e8s la partie d\u00e9di\u00e9e aux expertises m\u00e9diterran\u00e9ennes, nous poursuivons aujourd&#8217;hui la vision que procure l&#8217;exp\u00e9rience territoriale. Nous restons sur les territoires oasiens puisque c&#8217;est en partant de cette exp\u00e9rience territoriale tr\u00e8s sp\u00e9cifique que nous avons d\u00e9marr\u00e9 ce travail. 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