{"id":6774,"date":"2021-05-11T09:21:30","date_gmt":"2021-05-11T07:21:30","guid":{"rendered":"https:\/\/amenageurs-med.org\/?p=6774"},"modified":"2021-06-11T09:52:26","modified_gmt":"2021-06-11T07:52:26","slug":"webinaire-avitem-leau-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-8-13","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/amenageurs-med.org\/en\/2021\/05\/11\/webinaire-avitem-leau-en-mediterranee-resilience-urbaine-et-solutions-innovantes-8-13\/","title":{"rendered":"Webinaire AVITEM\u00a0: l\u2019eau en M\u00e9diterran\u00e9e, r\u00e9silience urbaine et solutions innovantes &#8211; LaCoMoFa, Universit\u00e9 de Biskra (8\/13)"},"content":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous abordons aujourd&#8217;hui la quatri\u00e8me et derni\u00e8re pr\u00e9sentation de notre deuxi\u00e8me session. A l&#8217;instar de la pr\u00e9c\u00e9dente, elle traite des territoires urbains. Le second territoire urbain concern\u00e9 est la ville d&#8217;Alger.<\/p>\n<p><em>Pour m\u00e9moire, le webinaire du 8 avril est le premier <span style=\"font-family: inherit; font-size: inherit; font-variant-ligatures: inherit; font-variant-caps: inherit; font-weight: inherit;\">d\u2019une s\u00e9rie de trois, destin\u00e9s \u00e0 traiter de la raret\u00e9 de ressources embl\u00e9matiques de la M\u00e9diterran\u00e9e, mais aussi des solutions, traditionnelles comme innovantes, qui s\u2019appliquent \u00e0 la recherche, \u00e0 la conservation et \u00e0 une gestion optimis\u00e9e de celles-ci. Les trois ressources que l\u2019AVITEM a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019examiner sont l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie et les d\u00e9chets.<\/span><\/em><\/p>\n<p><strong>Intervention de Najet Aroua : docteur en architecture et en urbanisme &amp; environnement, <\/strong>Laboratoire de Conception et de Mod\u00e9lisation des Formes et des Ambiances architecturales et urbaines\u00a0(LaCoMoFa), <strong>Universit\u00e9 de Biskra, Alg\u00e9rie\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>A lire le titre de cette pr\u00e9sentation : <em>Comment poser la question de l\u2019eau \u00e0 Alger ?<\/em> , on devine un objectif \u00ab\u00a0pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019\u00e9largir le champ du questionnement qui est souvent r\u00e9duit \u00e0 sa dimension technique ou structurelle. Il s\u2019agit par cons\u00e9quent de rappeler \u00e0 la fois l\u2019effet du temps\/l\u2019Histoire, de l\u2019espace\/la g\u00e9ographie, et ce qui les relie, c&#8217;est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des syst\u00e8mes \u00e9cologiques qui les animent, remonter aux origines et tenter d\u2019identifier les aspects de la question de l\u2019eau \u00e0 Alger.<\/p>\n<p>Notre propos est d\u2019essayer d\u2019expliquer depuis quand l\u2019eau est-elle devenue \u00ab\u00a0une question\u00a0\u00bb \u00e0 Alger\u00a0? Pourquoi\u00a0et en quels termes ? Consid\u00e9rant l\u2019eau en tant que ressource, en l\u2019occurrence faible et irr\u00e9guli\u00e8re, elle d\u00e9signe une demande ou des besoins non satisfaits. Or, elle se d\u00e9cline aussi en tant qu\u2019al\u00e9a et risque. Dans ce cas, quelle serait le niveau de ce risque ? Est-il circonscrit\u00a0? Diffus\u00a0? Menace-t-il tout ou partie de la ville\u00a0? D\u00e9borde-t-il sur la wilaya\u00a0? Le bassin versant\u00a0? A quel horizon est-il appr\u00e9hend\u00e9\u00a0? Dans quel ordre de priorit\u00e9\u00a0? Pour qui ? Enfin, qui pose la question de l\u2019eau aujourd\u2019hui \u00e0 Alger ? Qui contribue \u00e0 la poser ou \u00e9ventuellement \u00e0 trouver des solutions ? Et pour aller plus loin, j\u2019aimerais aussi aborder le r\u00f4le de l\u2019urbanisme dans sa propension \u00e0 y contribuer.<\/p>\n<p>De ce que l\u2019on sait de la ville d\u2019Alger, qui devient capitale d\u2019un Etat au d\u00e9but du XVI\u00e8me si\u00e8cle et pendant toute la p\u00e9riode ottomane, l\u2019approvisionnement en eau aurait commenc\u00e9 \u00e0 devenir pr\u00e9occupant au XVII\u00e8me si\u00e8cle. Quelles sont nos sources ? Le syst\u00e8me d\u2019approvisionnement en eau ne cesse d\u2019\u00eatre am\u00e9lior\u00e9, renforc\u00e9 pendant toute la p\u00e9riode ottomane (d\u00e9but XVI\u00e8- d\u00e9but XIX\u00e8 s). Mais \u00e0 partir du XVII\u00e8me si\u00e8cle, un d\u00e9cret oblige les habitants de la ville \u00e0 am\u00e9nager des citernes sous les patios de leurs maisons. Ce d\u00e9cret est de grande signification car, malgr\u00e9 les aqueducs qui alimentent Alger avec l\u2019eau de la campagne environnante et les puits priv\u00e9s, la demande semble d\u00e9passer l\u2019offre. Pour la premi\u00e8re fois peut \u00eatre, les trois types de ressources sont syst\u00e9matiquement mobilis\u00e9s\u00a0: les eaux superficielles amen\u00e9es par les aqueducs, l\u2019eau de pluie stock\u00e9e dans les citernes souterraines et l\u2019eau des nappes phr\u00e9atiques puis\u00e9es \u00e0 diff\u00e9rentes profondeurs. Dans la partie aval de la ville, les puits sont moins profonds que dans la partie amont.<\/p>\n<p>Alger avait \u00e9galement un r\u00e9seau urbain d\u2019assainissement suivant les lignes de Talweg. Ce qui facilite le drainage des eaux de pluies et des eaux us\u00e9es ou usag\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la mer, leur exutoire naturel. Le risque d\u2019inondation urbaine est ainsi globalement maitris\u00e9. Il est permis de croire cependant que suite \u00e0 la construction de la jet\u00e9e Kheiredine du port d\u2019Alger au d\u00e9but du XVI<sup>\u00e8<\/sup> si\u00e8cle, les eaux pluviales perdent un de leur parcours et exutoire naturel vers la mer. C\u2019est le d\u00e9but de l\u2019artificialisation du littoral et probablement l\u2019origine du probl\u00e8me des inondations dans les quartiers bas de la ville \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>L\u2019eau \u00e9tait alors un service public participatif puisque le financement des travaux hydrauliques et leur entretien sont partag\u00e9s entre l\u2019Etat et les habitants organis\u00e9s en corporations de m\u00e9tiers, associations de quartiers ou \u00e0 titre individuel. La gestion de l\u2019eau revient \u00e0 une corporation responsable de l\u2019eau, qui g\u00e8re notamment les fontaines publiques. A titre d\u2019exemple, les habitants y participent soit par un financement perp\u00e9tuel \u00e0 travers le \u00ab\u00a0hab\u00fbs\u00a0\u00bb (mainmorte), un don, la participation volontaire \u00e0 des travaux de main d\u2019\u0153uvre ou la fourniture de mat\u00e9riaux. Cette organisation sociale et ce syst\u00e8me hydraulique ont permis \u00e0 la ville de ne pas manquer d\u2019eau de fa\u00e7on critique et \u00e0 faire face aux al\u00e9as hydroclimatiques (faible pluviom\u00e9trie notamment) ou aux risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau (contamination, ruissellements torrentiels, etc).<\/p>\n<p>A partir de la colonisation fran\u00e7aise de l\u2019Alg\u00e9rie en 1830, la ville commence \u00e0 s\u2019\u00e9tendre au-del\u00e0 de ses murailles. Elle d\u00e9borde sur les collines et, plus important, sur la plaine, tr\u00e8s riche en eau. Par le pass\u00e9, la plaine nourrissait la ville et la pourvoyait en eau dont son sol regorge. Elle est alors exploit\u00e9e dans le cadre d\u2019une agriculture intensive, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019agriculture de subsistance des si\u00e8cles pass\u00e9s, puis rapidement urbanis\u00e9e d\u2019Est en Ouest. L\u2019industrie n\u2019y apparait que tardivement \u2013vers 1958- sous forme d\u2019usines de transformation et petites manufactures. L\u2019ass\u00e8chement syst\u00e9matique des marais \u00e0 partir de 1840 et l\u2019urbanisation (imperm\u00e9abilisation du sol) mettent progressivement fin au risque sanitaire \u2013paludisme- mais favorise les inondations par temps de pluie.<\/p>\n<p>Avant 1830, la plaine de la Mitidja \u00e9tait habit\u00e9e par quelques fermiers qui avaient appris \u00e0 vivre ou survivre au paludisme au milieu de vastes champs de culture. Ils drainent l\u2019eau exc\u00e9dentaire vers la mer ou les oueds \u00e0 travers des canalisations en terre cuite. Par la suite, l\u2019ass\u00e8chement syst\u00e9matique des marais remplace ce risque sanitaire par un risque d\u2019inondation\u00a0: l\u2019eau exc\u00e9dentaire d\u00e9borde d\u00e9sormais dans les rues des nouveaux villages de la colonisation avec parfois des hauteurs d\u00e9passant un m\u00e8tre. Les inondations causent de nombreuses victimes et beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels. Puis, l\u2019activit\u00e9 industrielle du XIX<sup>\u00e8<\/sup> si\u00e8cle, amorce la pollution des cours d\u2019eau et de la nappe phr\u00e9atique qui se poursuit \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les documents que l\u2019on peut consulter sur l\u2019histoire de l\u2019eau \u00e0 Alger, c&#8217;est v\u00e9ritablement \u00e0 partir de 1880 que l\u2019eau commence \u00e0 devenir une question avec notamment des probl\u00e8mes d\u2019approvisionnement d\u2019une population croissante et une ville de plus en plus \u00e9tendue et dense. Ces risques et ces insuffisances se sont progressivement intensifi\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Aux causes naturelles, s\u00e9cheresses, variations climatiques, viennent s\u2019ajouter les causes structurelles dues \u00e0 une insuffisance d\u2019\u00e9quipement de stockage, distribution, etc.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019Ind\u00e9pendance de l\u2019Alg\u00e9rie en 1962, Alger poursuit son d\u00e9veloppement sous forme de densification et d\u2019extension aux d\u00e9pends des terres agricoles qui l\u2019entourent au point que les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau ont atteint aujourd\u2019hui un point critique. Tout le monde se souvient des inondations de Bab El Oued en 2001 qui ont fait des centaines de disparus et des centaines de victimes, \u00e9norm\u00e9ment de d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels que l\u2019on a vite attribu\u00e9 \u00e0 une urbanisation anarchique des berges de l\u2019Oued Koriche. On a seulement oubli\u00e9 qu\u2019une rivi\u00e8re finit toujours par revenir \u00e0 son lit initial. A ce probl\u00e8me d\u2019inondation, vient s\u2019ajouter celui de la stagnation de l\u2019eau et du d\u00e9bordement des r\u00e9seaux, comme r\u00e9guli\u00e8rement enregistr\u00e9 dans la commune de Hussein Dey qui se trouve au niveau de la mer. La ligne du tramway qui traverse cette commune offre aux habitants le plaisir, ou le d\u00e9sagr\u00e9ment, de le comparer au ferryboat\u00a0: en effet, apr\u00e8s de fortes pluies, l\u2019eau peut atteindre presque 50 \u00e0 60 cm.<\/p>\n<p>Enfin, se pose \u00e9galement le probl\u00e8me de la contamination de l\u2019eau. En 2018, il y a eu des cas de chol\u00e9ra notamment \u00e0 Blida puis \u00e0 Alger. Les maladies \u00e0 transmission hydrique (MTH) n\u2019ont pas totalement disparu et il en est de m\u00eame pour la p\u00e9nurie et les coupures momentan\u00e9es de l\u2019approvisionnement en eau potable qui en r\u00e9sultent pouvant durer quelques heures ou quelques jours. Concernant celle-ci, on avait commenc\u00e9 \u00e0 y parer au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 avec le dessalement de l\u2019eau de mer, les plans Orsec, l\u2019intensification des forages, les transferts, etc. C\u2019est-\u00e0-dire en ayant recours encore et toujours et exclusivement aux solutions techniques. Mais depuis quelques semaines, quelques mois, la p\u00e9nurie d\u2019eau \u00e0 Alger est r\u00e9apparue et beaucoup d\u2019habitants ont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 des citernes, que ce soit dans les sous-sols ou m\u00eame en terrasse de leurs maisons. L\u2019inconv\u00e9nient, c\u2019est que ce n\u2019est plus de l\u2019eau de pluie que l\u2019on stocke mais l\u2019eau municipale, ce qui induit une forte augmentation de la facture. Parall\u00e8lement, les camions citernes, qui n\u2019avaient pas totalement disparu dans certains quartiers, ont r\u00e9apparu en nombre. Ils vendent l\u2019eau plus ch\u00e8re que le prix officiel. Il y a donc un \u00e9quilibre qui est rompu entre l\u2019eau et la ville.<\/p>\n<p><strong><u>Alors quelles sont les r\u00e9ponses qui sont apport\u00e9es aujourd\u2019hui ?\u00a0<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Le secteur de l\u2019eau monopolise maintenant l\u2019attention \u00e0 Alger. Cependant, les solutions rel\u00e8vent aujourd\u2019hui encore de la \u00ab\u00a0technologie\u00a0\u00bb mises en avant par le secteur de l\u2019eau, qui y fait face seule\u00a0: c\u2019est \u00e0 dire que la p\u00e9nurie trouve des solutions dans encore plus de forages, encore plus de transferts, encore plus de mobilisations des ressources non-conventionnelles, de rationnement, sans pour autant satisfaire la demande. Cela illustre bien la vuln\u00e9rabilit\u00e9 croissante de la ville en termes de p\u00e9nurie et d\u2019autres risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019eau. Du point de vue de l&#8217;urbanisme, ce que nous pr\u00e9conisons, c\u2019est de combiner savoirs anciens et connaissances scientifiques et adapter l\u2019urbanisation \u00e0 la capacit\u00e9 de charge hydrique d\u2019un territoire. Lorsqu\u2019il n\u2019est plus possible d\u2019alimenter en eau une commune ou une partie de commune, au lieu d\u2019aller chercher l\u2019eau plus loin, l\u00e0 o\u00f9 elle est disponible, le bon sens recommande de commencer par \u00e9conomiser les ressources locales, et id\u00e9alement de prendre compte de cette capacit\u00e9 de charge locale et ce qu\u2019on appelle \u00ab <em>l\u2019empreinte bleue<\/em> \u00bb en amont de la planification urbaine, c\u2019est-\u00e0-dire avant ou au moment d\u2019envisager l\u2019urbanisation d\u2019un territoire.<\/p>\n<p>Le minimum requis est de veiller \u00e0 la coh\u00e9rence de la planification territoriale et urbaine avec la planification hydrique. Ce ne sont pas les deux seuls secteurs qui sont concern\u00e9s par l\u2019eau \u00e9videmment, puisque tous les secteurs sont impact\u00e9s, comme le pr\u00e9cise d\u2019ailleurs la loi, mais concr\u00e8tement ce n\u2019est pas encore le cas. Il y a par exemple les Comit\u00e9s de l\u2019eau qui sont op\u00e9rationnels. Mais \u00e0 quel point le sont-ils au niveau strat\u00e9gique puisque c\u2019est l\u00e0 o\u00f9 tout se d\u00e9cide ? Les notions que nous souhaitons r\u00e9int\u00e9grer dans la planification urbaine, sont les suivantes : prendre en compte les cycles, les syst\u00e8mes, la dynamique et la g\u00e9ographie de l\u2019eau, \u00e9largir l\u2019horizon temporel et territorial, int\u00e9grer et renforcer la participation de la population y compris \u00e0 travers son savoir et ses exp\u00e9riences.<\/p>\n<p>Dans la derni\u00e8re diapositive, on peut voir la proposition concr\u00e8te de Charte urbaine que nous avons \u00e9labor\u00e9e : elle prend en compte la g\u00e9ographie et la dynamique de l\u2019eau en les int\u00e9grant au processus de planification urbaine en tant que ressource, en tant que risque et en tant que patrimoine naturel, qu\u2019il soit paysager, zone humide, biodiversit\u00e9, etc, sans oublier d\u2019y associer l\u2019intersectorialit\u00e9, la participation citoyenne et \u00e9videmment la solidarit\u00e9 entre les territoires que cela exige.<\/p>\n<p>Actuellement nous co-supervisons une th\u00e8se doctorale sur le cas d\u2019Annaba. La th\u00e8se sera d\u00e9fendue le 20 de ce mois (20\/05\/2021). Ce travail consiste \u00e0 \u00e9valuer quantitativement et qualitativement l\u2019impact de la dynamique urbaine sur la dynamique des hydrosyst\u00e8mes, notamment en termes d\u2019aggravation du risque d\u2019inondation. Les calculs portent sur le temps de concentration et les d\u00e9bits. Ces donn\u00e9es montrent que la dynamique urbaine, et non l\u2019urbanisation en soi, mais sa r\u00e9partition spatiale interf\u00e8re avec le fonctionnement et l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique des hydrosyst\u00e8mes. Ces r\u00e9sultats plaident une fois de plus en faveur de l\u2019approche du \u00ab <em>water sensitive urban design<\/em> . Au regard de l\u2019histoire des \u00e9tablissements humains, elle n\u2019est pas nouvelle en tant que d\u00e9marche d\u2019am\u00e9nagement. Elle consiste \u00e0 proposer des am\u00e9nagements en amont, au stade de la planification, qui soient respectueux du syst\u00e8me et du cycle de l\u2019eau en termes quantitatifs et qualitatifs inspir\u00e9s des processus naturels.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, nous avons r\u00e9pondu \u00e0 un appel lanc\u00e9 par l\u2019AGIRE, qui est l\u2019Agence de gestion int\u00e9gr\u00e9e des ressources en eau en Alg\u00e9rie, et propos\u00e9 un projet de recherche en ce sens. Ce projet s\u2019appuie sur des am\u00e9nagements urbains destin\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire les risques d\u2019inondations et de contamination dans certains quartiers vuln\u00e9rables de Annaba. Malheureusement, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retenu, ce qui pr\u00eate \u00e0 croire que l\u2019AGIRE continue \u00e0 favoriser les solutions techniques et par cons\u00e9quent qu\u2019un effort de communication de notre part doit se faire en ce sens. Mais nous restons persuad\u00e9s que la mutation va se faire parce que tous les acteurs sont maintenant conscients de l\u2019impact de l\u2019urbanisation sur l\u2019eau en g\u00e9n\u00e9ral, que ce soit en tant que syst\u00e8me ou en tant que cycle.\u00a0Cela pourra consister par exemple \u00e0 valoriser les eaux pluviales, valoriser les eaux us\u00e9es trait\u00e9es selon les usages et selon les exigences.<\/p>\n<p><strong><u>DISCUSSION<\/u><\/strong><\/p>\n<p><strong>Perrine Prigent : Conseill\u00e8re municipale de la ville de Marseille\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Un tout petit mot pour remercier Mme Arouapour sa passionnante pr\u00e9sentation et pour pr\u00e9ciser que la ville de Marseille porte la m\u00eame philosophie. La Charte urbaine de l\u2019eau que vous pr\u00e9sentez et qui inclutle paysage, la ville, est extr\u00eamement p\u00e9dagogique et permet de prendre en compte une quantit\u00e9 de donn\u00e9es, qui nous int\u00e9ressent au plus haut point.<\/p>\n<p><strong>Jean Charles Lardic : Expert en d\u00e9veloppement durable et en ing\u00e9nierie de la gouvernance locale<\/strong><\/p>\n<p>Je crois qu\u2019effectivement, il faut insister sur la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre en compte les situations locales. Comme il a \u00e9t\u00e9 dit, il est n\u00e9cessaire de tirer profit des eaux pluviales et parfois des eaux us\u00e9es. Nous savons que les disponibilit\u00e9s en eaux sont tr\u00e8s fluctuantes et il faut se garder des visions sectorielles qui peuvent \u00eatre mises en d\u00e9faut, m\u00eame si elles peuvent paraitre parfois intuitives, comme le fait de vouloir arroser des cultures en faisant \u00e0 tout prix des \u00e9conomies d\u2019eau. Par exemple, les cultures biosont plus gourmandes en eau que certaines cultures intensives, mais elles apportent davantage \u00e0 la collectivit\u00e9 sur tous les points de vue. Donc il y des changements de paradigmes, de modes de pens\u00e9e \u00e0 adopter, quand on tient compte des nombreuses finalit\u00e9s auxquelles doivent faire face notamment les collectivit\u00e9s territoriales et les acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>Pierre Massis : Mod\u00e9rateur\u00a0\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019imagine que le d\u00e9fi est immense car la gestion de l\u2019eau suscite beaucoup d\u2019attentes mais aussi beaucoup de d\u00e9ceptions et de frustrations. Savoir r\u00e9pondre \u00e0 cette demande-l\u00e0, c\u2019est un v\u00e9ritable enjeu pour les cit\u00e9s m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p><strong>Perrine Prigent : Conseill\u00e8re municipale de la ville de Marseille\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Effectivement, la question de l\u2019eau est un probl\u00e8me majeur. Il entra\u00eene des frustrations y compris en termes d\u2019organisation du fait notamment qu\u2019en France, il existe un syst\u00e8me de coordination entre les collectivit\u00e9s. De ce fait, les communes ne sont pas pleinement comp\u00e9tentes sur la question de l\u2019eau, qui remonte aux EPCI et en l&#8217;occurrence \u00e0 la M\u00e9tropole. Les communes n\u2019ont pas pleinement la maitrise sur le sujet, m\u00eame si cela nous incite \u00e0 cr\u00e9er des partenariats forts ou de renforcer ceux qui existent d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Jean Charles Lardic : Expert en d\u00e9veloppement durable et en ing\u00e9nierie de la gouvernance locale<\/strong><\/p>\n<p>Il faut peut-\u00eatre aussi r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 renforcer le r\u00f4le de l\u2019\u00e9chelon local qui dispose en France de cette fameuse \u00ab\u00a0<em>clause de comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale<\/em>\u00a0\u00bb et qui est parfaitement justifi\u00e9e par la proximit\u00e9 \u00e0 la population et par la capacit\u00e9 d\u2019avoir une v\u00e9ritable vision \u00e9cosyst\u00e9mique sur des territoires \u00e0 taille humaine.<\/p>\n<p>Pour avoir acc\u00e8s \u00e0 la pr\u00e9sentation de Mme Najet Aroua, <a href=\"https:\/\/amenageurs-med.org\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/2.4-Aroua-N.-Webinaire-AVITEM-Ressources-en-eau-ppt.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">c&#8217;est par ici<\/a>[\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row][vc_row][vc_column][vc_column_text][\/vc_column_text][\/vc_column][\/vc_row]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[vc_row][vc_column][vc_column_text]Nous abordons aujourd&#8217;hui la quatri\u00e8me et derni\u00e8re pr\u00e9sentation de notre deuxi\u00e8me session. 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